Le leasing automobile, bouée de sauvetage des banques ?

J’ai juste oublié de vous poser une petite devinette: quel est, selon vous, l’un des principaux clients de Stellantis, le constructeur automobile qui fabrique Peugeot, Citroën, Opel, Fiat et Chrysler ? Ne cherchez pas, c’est une banque européenne : en l’occurrence, c’est la Société Générale.

Cette banque achète près de 400.000 véhicules par an. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est donc cette banque française qui est le premier acheteur de pneus en Europe. Normal, outre les 400.000 voitures neuves, il faut aussi compter les pneus remplacés pendant le cycle de location.

En réalité, ce n’est pas directement la Société Générale qui achète tous ces pneus, mais sa filiale ALD qui est le numéro un de la location de voitures longue durée en Europe. Au-delà de la devinette, l’important n’est pas de savoir que c’est une filiale d’une banque qui est le premier acheteur de pneus en Europe, l’important est de comprendre pourquoi des banques comme la Société Générale ou BNP Paribas ont des filiales spécialisées dans le leasing automobile ? La question mérite d’être posée, car la Société Générale, via sa filiale ALD, vient de racheter la société de leasing néerlandaise LeasePlan pour 5 milliards d’euros.

Sous réserve d’un accord des autorités de la concurrence européenne, la fusion de ALD et de LeasePlan va donner naissance à un mastodonte gérant un parc de voitures de 3.5 millions de véhicules. Ca veut dire qu’une banque comme la Société Générale va se retrouver à acheter chaque année plusieurs centaines de milliers de voitures neuves pour plusieurs milliards d’euros chaque année.

Sans parler du business de la revente de ces voitures sur le marché d’occasion qui est en plein boom. J’en reviens donc à ma question, pourquoi des banques comme la Société Générale ou BNP Paribas ont des filiales dans le leasing automobile ? Réponse, c’est parce que ce métier du leasing est plus rentable que les activités traditionnelles des banques : les marges y sont plus élevées et les risques assez faibles. Ensuite, le leasing a un grand avenir devant lui car la jeune génération cherche moins à acheter une voiture qu’à la louer. Pour les jeunes, il n’y a plus cette fierté de vouloir posséder une voiture.

Par ailleurs, comme les voitures électriques sont encore trop chères et qu’il y a des incertitudes sur la fiscalité des moteurs thermiques, beaucoup de personnes préfèrent mensualiser l’utilisation et l’entretien de leur voiture. Et puis, les loueurs sont à tous les coups gagnants, ils achètent les véhicules en masse, avec de bons prix d’achat et ensuite ils tirent profit du marché de l’occasion qui est en plein essor pour revendre leur véhicule en fin de contrat.

Si ce marché du leasing est si juteux pour les banques, c’est surtout parce qu’elles ont compris que notre mobilité a changé. Nous passons d’un monde de la propriété à celui de l’usage. Et donc, les banques deviennent aussi des acteurs importants de la mobilité.



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