Petits bateaux vont à Cuba… seuls !

Exploité par Fathom, la nouvelle marque du groupe Carnival, l’Adonia a été, lundi dernier, le premier navire américain à faire escale à La Havane depuis 50 ans. Le premier d’une longue série, sans doute, puisque tout se passe comme si Cuba était en passe de devenir le nouvel Eldorado des croisiéristes. Mais peut-être pas de tous les croisiéristes…

Car les capacités des infrastructures portuaires de l’île sont limitées, et seuls de petits navires sont en mesure d’y accoster. Comme l’Adonia, qui ne fait « que » 185 mètres de long pour 25 mètres de largeur, et peut emporter 710 passagers pour 385 membres d’équipage. Moins de bars, de restaurants et de salons, aussi, pour ce navire réservé aux adultes, car rien n’y est prévu pour les enfants.

Une aubaine ?

Pas question, donc, de voir arriver à Cuba les nouveaux « monstres » qui sortent actuellement à la chaîne de chantiers navals débordés, et dont le plus modeste ne fait pas moins de 300 mètres de long. Une aubaine pour les petites compagnies et leurs petits bateaux qu’elle s’apprêtaient à envoyer à la casse ? Pas si sûr.

Car il ne suffit pas de se contenter d’un petit gabarit. Ces navires de taille plus modeste sont aussi plus anciens — quinze ans pour l’Adonia ! — et doivent faire l’objet d’un sérieux ravalement, et pas que de façade.

13 croisières annulées

C’est pourquoi RCI a récupéré l’Empress of the Seas — 211 mètres, tout de même — auprès de sa filiale espagnole, Pullmantur, la maison-mère de Croisières de France. Construit en 1990, i l y a donc un quart de siècle, aux chantiers de Saint Nazaire, l’Empress devait initialement demeurer deux semaines en cale sèche, en mars dernier. Y a-t-on décelé à cette occasion des faiblesses insoupçonnées ? Toujours est-il que, de report en report, la facture des travaux s’élève déjà à plus de 50 millions de dollars, auxquels il faut ajouter les 13 croisières annulées et remboursées aux passagers…

Et l’Horizon ?

D’aucuns craignent à présent qu’il n’en soit de même pour l’Horizon, daté de la même année et exploité depuis 2012 par Croisières de France, s’il devait être aussi transféré à RCI pour une remise à niveau. Car Pullmantur, sa maison-mère espagnole, a subi de plein fouet la crise économique de 2008 qui a rapidement entrainé l’effondrement du marché de la croisière en Espagne. Le navire pourrait donc très bien ne pas se diriger à son tour vers les eaux cubaines et demeurer dans la (petite) flotte de l’armateur français. Quitte à ce que RCI se retrouve en manque de bateaux…

Des plans bouleversés

Car le marché s’avère demandeur pour de courtes croisières au départ de la Floride, destinées à un public essentiellement américain, avide de nouveautés. Et Cuba, qui leur était fermée depuis un demi-siècle, en est bien une. Au point de bouleverser tous les plans marketing des multinationales de la croisière.

 

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