Personnel de cabine : qui est coupable ?

La presse et les réseaux sociaux ont crié en chœur « Haro sur le baudet », mettant en lumière certaines brutalités récentes dans les avions. Mais qui est vraiment coupable ?

Attention, loin de nous l’idée de défendre l’inacceptable !

Simplement nous cherchons des causes à ces comportements qui vont jusqu’à la violence physique, les menaces, etc. Après l’affaire United, c’est maintenant American Airlines qui est dans la tourmente.

Il est possible que ces faits aient déjà existé auparavant, mais à l’époque personne n’avait de téléphone portable pour filmer les cas semblables. Maintenant, non seulement on filme, mais surtout on partage avec le monde entier sur Facebook.

Un phénomène de société

Là n’est pas non plus le problème : il s’agit ici de sa diffusion et non de ses causes. Quand on voit ce qui s’est passé dans le denier cas, on est pris d’un doute : qui a raison, qui a tort ?

imagesC’est à notre humble avis un phénomène de société : plus personne ne respecte rien, plus personne n’accepte de recevoir des instructions impératives, et les réfractaires se sentent plus ou moins impunis, ou en tout cas défendus a posteriori par la communauté Facebook ou autre, et protégés dans leurs agissements futurs.

Les faits avérés

Dans ce vol AA, une dame, mère de famille voyageant avec un enfant visiblement entre 1 et deux ans, embarque avec la poussette de l’enfant. On ne sait pas ce qu’il s’est passé avant : a-t-elle ou non été bien informée ?

Les voyageurs fréquents savent que la poussette est autorisée jusqu’à l’entrée de l’avion, mais pas en cabine. Toujours est-il que quand le personnel a voulu lui faire comprendre cette règle, la passagère s’est rebellée, elle refusait absolument d’abandonner la poussette en question.

Le ton est monté : encore une fois nous ne voyons des images que lorsque l’affaire s’envenime : qui a crié, qui a insulté le premier ? « Il aurait pu toucher mon enfant ! » s’exclame la dame… On n’est pourtant pas dans une cour de récré, on est sensé être entre adultes. On est aussi sensé connaître les règlements.

640px-Cabin_crew_service_(4)_(14171528370)Que peut faire le personnel ?

Quand un passager refuse d’appliquer les consignes du personnel de bord, de quelles armes de persuasion dispose celui-ci ? Mettre le client dehors ?

On a vu ce qu’il arrive quand le client, à tort ou à raison, refuse de sortir. Il y a bien un moment où, à bout d’arguments, sous le stress inhérent à ces métiers, et quand la négociation ne sert visiblement plus à rien, il faut utiliser un minimum de contrainte.

Le plus étonnant dans ces images publiées, c’est l’attitude du commandant de bord, qui assiste à tout mais qui, apparemment, ne prend position ni pour l’une ni pour l’autre des parties. Pourtant, il est « le seul maître à bord » comme dit l’adage (et la loi), et peut-être que par le prestige de sa fonction, s’il donnait un ordre contraignant avec explications à la clé, la passagère aurait obtempéré.

Des arguments de citoyenneté

Comme nous le disions, il s’agit plus d’un problème de société qu’autre chose. On n’accepte plus aucune autorité, chacun fait ce qu’il veut comme il veut, et ceux qui s’opposent à cette liberté mal comprise utilisent sans vergogne l’arme de la publication sur les réseaux sociaux, une arme redoutable, souvent non surveillée, où le pire côtoie l’utile (rarement). Que pouvons-nous y faire ?

Il n’y a aucune réponse satisfaisante si ce n’est celle de l’éducation. Mais si même le système éducatif est relâché et ne délivre plus les messages éthiques et moraux de la vie en société, alors il n’y a plus qu’à regarder notre société se déliter petit à petit. Et c’est très triste. Que ceci en tout cas ne donne pas des arguments aux partisans d’un régime « fort », mais des arguments de citoyenneté : c’est moins risqué, entre gens civilisés…

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY