Passagers turbulents : toujours plus d’incidents !

Selon des statistiques de l’IATA, le nombre de rapports d’incidents impliquant des passagers turbulents à bord des aéronefs a augmenté en 2015.

On parle surtout ici d’abus verbaux, du refus de suivre les instructions des membres d’équipage et « d’autres formes de comportements antisociaux ». Toutefois, 11 % des rapports signalaient des agressions physiques contre des passagers ou des membres d’équipage ou des dommages à l’aéronef!

Pas moins de 10 854 incidents ont ainsi été signalés dans le monde en 2015. Cela correspond à un incident pour 1205 vols, soit une augmentation par rapport aux 9316 incidents signalés en 2014 (un incident par 1282 vols).

« Les comportements indisciplinés et turbulents sont tout simplement inacceptables. Le comportement antisocial d’une toute  petite minorité de clients peut avoir des conséquences fâcheuses sur la sécurité et le confort de toutes les personnes à bord. L’augmentation du nombre d’incidents rapportés nous indique qu’il faut davantage de mesures dissuasives », affirme Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

L’ALCOOL COMME DÉCLENCHEUR

Le successeur de Tony  et ancien PDG d’Air France rappelle que les compagnies aériennes et les aéroports sont guidés par des principes de base élaborés en 2014. Cette stratégie repose sur l’augmeTylerntation des mesures dissuasives internationales et l’amélioration de la prévention et de la gestion des incidents.

Dans certains pays, on s’est concentré sur le rôle de l’alcool comme déclencheur des comportements turbulents. En effet, en 2015, l’intoxication par l’alcool ou la drogue a été identifiée comme facteur dans 23 % des cas. Dans la grande majorité des cas, ces substances ont été consommées avant l’embarquement ou à même les réserves personnelles des personnes, à l’insu des membres d’équipage.

Au Royaume-Uni, le personnel des bars et des boutiques hors-taxes dans les aéroports doit donc être formé pour servir de l’alcool de façon responsable et éviter la « beuverie express ». Une expérience menée à l’aéroport Gatwick de Londres a d’ailleurs démontré que cette approche proactive, avant l’embarquement, a réduit de moitié les cas de comportements turbulents.

« NOUS NE POUVONS AGIR SEULS »

Si l’IATA se félicite des succès de sa stratégie élaborée en 2014, elle n’en appelle pas moins les gouvernements à collaborer avec l’industrie aérienne. « Nous ne pouvons agir seuls », insiste M. de Juniac, qui préconise « une approche uniforme de ce problème ».

L’IATA encourage notamment les gouvernements à ratifier le Protocole de Montréal de 2014. Ce protocole est censé moderniser la Convention de Tokyo en comblant ses vides concernant les passagers turbulents. À ce jour, seulement six États l’ont ratifié…

« Il n’y a pas de réponse facile pour enrayer l’augmentation des comportements indisciplinés. Nous avons besoin d’une solution équilibrée faisant appel à la collaboration de toutes les parties prenantes. Les principes de base de l’industrie peuvent aider à gérer ce faible pourcentage des passagers qui abusent de l’alcool. Et cette démarche doit être accompagnée par les efforts des gouvernements qui doivent tirer profit de tous leurs mécanismes de dissuasion, y compris ceux prévus dans le Protocole de Montréal de 2014 », conclut M. de Juniac.

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