Paris sans cars, ni vieilles voitures

À compter de ce 1er juillet, les véhicules les plus polluants n’ont plus droit de circuler dans la capitale française, en semaine et pendant la journée. Une interdiction progressive, basée sur un système de vignette qui sera obligatoire à partir du 1er janvier prochain. Les contrevenants seront alors verbalisés 35 puis 45 euros.

Sont concernés les voitures de particuliers mais aussi les utilitaires légers, essence ou diesel, respectivement mis en circulation avant le 1er janvier 1997 et le 1er octobre de la même année. L’interdiction s’appliquera de 8 heures à 20 heures du lundi au vendredi, mais 7 jours sur 7 pour les poids lourds. Les poids lourds, bus et cars, essence ou diesel, d’avant le 1er octobre 2001, ne peuvent déjà plus circuler dans Paris depuis septembre 2015

En 2020, seuls les véhicules répondant aux critères de pollution les plus exigeants seront autorisés, et les autocars roulant au diesel devraient être totalement interdits.

En fait, seul un petit nombre de véhicules devrait être visé par ces mesures : 4400 voitures roulant vraiment dans Paris, 1300 camionnettes et 3700 deux-roues motorisés, estime-t-on à la mairie de Paris.

Tollé (presque) général

Comme on s’en doute, la mise en œuvre de ces nouvelles mesures constituent un casse-tête pour les forces de l’ordre, d’autant qu’elles ont en ce moment d’autres chats à fouetter… et soulèvent l’ire de plusieurs catégories d’usagers. Les propriétaires de voitures de collection, les associations représentant les automobilistes, qui estiment ce système « discriminant », le ministère de l’Ecologie, même, qui le voit « stigmatisant », le lobby 40 Millions d’automobilistes, qui va demander des dédommagements pour la perte de valeur des véhicules concernés, déjà estimées à 1 milliard d’euros…

Les autocaristes ? des assassins !

Et bien sûr les autocaristes. D’autant que Jean-Louis Missika, adjoint en charge de l’urbanisme, a laissé entendre que les autocars diesel, même les plus récents et équipés de filtration de dernière génération, « participent aux 48 000 morts en France dus à la pollution de l’air ». Des propos jugés inacceptables par la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) et l’Organisation des transporteurs routiers européens (Otre), qui parlent de « dogmatisme » et évoquent « un diktat totalement irréaliste ».

Au fait, comment est-il prévu, dès maintenant, de transporter les touristes du Louvre à la tour Eiffel, ou de Notre-Dame à Montmartre ? Et quid des vieux bus de la RATP ?

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Commentaires

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1 COMMENT

  1. C’est scandaleux… Des décideurs pareils devraient être démis de leur fonctions. Espérons en tout cas qu’ils ne soient pas ré-élus aux prochaines élections.

    En effet, outre les autocars qui amènent des touristes tant étranger que nationaux, il y a toute une catégorie de véhicules qui sont indispensables au fonctionnement d’une ville: camions de ravitaillement (magasins, horeca etc), camions du secteur de la construction, déménageurs, etc…

    Si pour les voitures particulières, il existe des alternatives valables au diesel (moteurs au CNG, au LPG, à l’essence, hybrides) ce n’est pas le cas pour les camions et les autocars!

    Sans parler du fait que certains autocars sont utilisés pour des ramassages scolaires ou des ramassages de travailleurs, ce qui réduit le nombre de voitures en circulation. Veulent-ils donc interdire les ramassages scolaires et d’entreprises et forcer les gens à aller en voiture, même si ces voitures ne sont pas diesel???

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