Paris : la piétonnisation des voies sur berges fait débat

Alors qu’une commission d’enquête publique avait émis un avis défavorable sur ce projet, le préfet de police a donné son accord pour une période d’essai de 6  mois pour la piétonnisation des berges rive droite de la Seine.

Anne Hidalgo, la maire socialiste de la capitale, est décidée à mener à bien son projet qui doit être soumis au vote du Conseil de Paris le 26 septembre prochain. La piétonnisation des voies sur berges rive droite sur 3,3 km sont une priorité pour l’édile et devrait commencer dès la fermeture de Paris-Plage …

Pour justifier le maintien de son projet, la maire de Paris a évoqué dans le JDD, « l’urgence sanitaire » et les 6.500 morts qui seraient dus chaque année à la pollution de l’air parisien. Si rien n’est fait, « il faudra répondre pénalement devant les tribunaux », menace-t-elle.

Et pourtant, les experts de la commission d’enquête publique remarquent que l’enquête de la mairie est incomplète en estimant notamment que les conséquences sur la circulation ne se limiteraient pas aux Ier, IVe, VIIe et XIIe arrondissements mais rejailliraient aussi sur les Ve, VIe et VIIIe qui subiront même un « report de près de trois quarts des véhicules ».

« Nos entreprises risquent de faire faillite »

Mais comme il ne s’agit que d’un avis consultatif, la maire de Paris s’assoit dessus et et maintient le cap. Mais du côté des petites et moyennes entreprises d’Ile-de-France, cette fermeture sur 3,3 km ne sera pas sans conséquence sur leur activité… « Si la piétonnisation entraîne plus d’embouteillages dans Paris, nos entreprises risquent de faire faillite », explique Didier Durand, président du groupement français des entreprises de restauration des monuments historiques et membre de la Fédération française du bâtiment (FFB) au journal L’Express.

Selon lui, « Il va falloir renégocier tous les contrats ! Cela vaut pour les les métiers du bâtiment, mais aussi pour les métiers de bouche, pour les forains sur les marchés, dont les livraisons seront plus compliquées. Veut-on une ville morte? ». Après le bannissement des autocars d’ici 2020, la mairie de Paris s’attaque maintenant aux voitures et semble vouloir clairement s’orienter vers le choix d’une ville « musée » sans vie ou activité économique…

« Au regard du rapport remis par la commission d’enquête, je souhaite, en tout cas, que la période de test soit portée à six mois », affirme le préfet de police qui sera notamment « particulièrement vigilant sur l’évolution en temps réels des délais d’intervention des services de police et de secours ». Une belle réponse de normand !!!

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