PagTour a lu pour vous : La Déclaration de Politique Régionale

Il faut évidemment se familiariser avec le langage politique pour bien tout comprendre. C’est-à-dire que les titres sont généralement en « langue de bois » de façon à ne froisser personne, et c’est dans les explications des titres qu’il faut aller chercher les (bonnes) intentions. Ce que nous allons tenter de faire.

Dans plusieurs thèmes abordés, on retrouve heureusement la patte de certain connaisseur en la matière, et c’est heureux. Le sous-chapitre « Tourisme » est inclus dans le grand chapitre : « Les Entreprises et les Indépendants », ce qui d’un côté est encourageant, mais de l’autre on peut se dire que bon nombre d’actions en la matière dépendent exclusivement des pouvoirs publics.

Reprenons tous les thèmes abordés point par point

-le tourisme d’affaires (expression aberrante s’il en est : soit on fait du tourisme, soit on fait des affaires, il faut donc dire le voyage d’affaires) est reconnu comme un moteur du développement économique. C’est essentiel et enfin reconnu clairement.

-mieux mettre en avant les atouts touristiques de la Wallonie. Le tourisme est un secteur économique à part entière, pourvoyeur d’emplois. Les stratégies seront axées sur les atouts wallons. Heureusement. Il s’agit aussi d’organiser plus rationnellement les organismes du tourisme wallon (thème que nous avions abordé dans un article qui avait été fort critiqué…)

-valoriser les attractions locales et régionales auprès des habitants de la Wallonie, c’est-à-dire revaloriser le tourisme de proximité.

-Renforcer l’attractivité de la Wallonie à l’international, son image. Si l’image de destination est bonne, pour le reste, il y a du boulot.

-Evaluer les politiques existantes, telles que les missions, les structures. Cela semble assez normal, non ?

-Intégrer les axes transversaux : digitalisation, économie circulaire, mobilité, énergie… en soutenant une stratégie numérique.

-Soutenir le développement d’outils numériques. On vient de le dire.

-Améliorer l’accessibilité des sites, en misant sur les liaisons ferroviaires, la mobilité douce, les transports en commun. Comme nous l’avons dit, c’est ici le travail des services publics.

-Développer le MICE et les centres de congrès existants.

-Valoriser les ressources naturelles par l’écotourisme. On ne voit pas très bien de quoi il s’agit en pratique.

-Valoriser l’image verte et durable, le tourisme rural, les courts séjours, et inclure la Wallonie dans les circuits des tour-opérateurs.

-Intégrer la promotion du « tourisme gastronomique », par exemple en créant de grands événements gastronomiques.

-miser sur le tourisme fluvial. On aurait pu inclure ceci dans la mobilité douce comme à Londres, au lieu par exemple d’éventrer Liège pour un tram qui longe la Meuse.

-mieux accueillir les motor-homes. Il faut vraiment faire plaisir à tout le monde.

-encourager les programmes de labellisation. Mais qui connaît/reconnaît les labels ? Quelle est leur vraie valeur ?

-encourager le tourisme d’affaires (je ne m’y fais pas) vers des événements écocertifiés, écolabellisés

-doter l’administration d’une cellule « tourisme durable »

-faire la promotion des circuits courts, des terroirs, de l’alimentation durable.

-faire des Lacs de l’Eau d’Heure un site exemplaire pour le tourisme durable. Pourquoi ces Lacs uniquement et pas d’autres sites ?

-investir en faveur des PMR

-repositionner le tourisme social. Mais à l’exception du luxe, le tourisme EST social.

-mieux réglementer l’hébergement touristique : sans doute une pierre dans le jardin d’AirBnB

-renforcer les filières de formation et les organismes de stimulation économique comme les chambres de commerce, par exemple.

-Mieux former en langues, à l’accueil, au tourisme durable

-simplifier les procédures administratives et objectiver l’octroi des subsides

-favoriser des projets innovants public-privé

-mieux identifier les zones de loisirs pour favoriser leur développement et leur exploitation

-améliorer la signalisation touristique, notamment celle des parkings en collaboration avec les transporteurs publics.

Tout ceci est fort bien et assez complet. On est loin en tout cas de précédents gouvernements qui avaient carrément oublié le tourisme, ou encore dont le ministre en charge pensait qu’il était le ministre des agences de voyages. Cette fois, on a bien compris les enjeux.

La patte écologiste est très présente, mais c’est bien naturel. Espérons pourtant que ce ne soit pas une raison pour faire annuler notre Grand Prix de F1 ou autres événements bruyants et polluants. Car alors il faudra aussi faire annuler les grands concerts.

A propos d’événements, le mot est repris par deux fois dans cet ensemble de mesures. Et c’est essentiel. Il n’y a pas de tourisme sans événements. Un marché local, une exposition, un spectacle de rue sont aussi des événements, on ne parle pas que des grands ! Alors il faudrait aussi inclure le mot dans l’acronyme MICE, en remplaçant le mot Expositions par Evénements : cela correspond bien mieux à la réalité.

Il y a en tout cas matière à réflexion. En toute sincérité, nous pensons que beaucoup d’opérateurs privés sont déjà bien installés dans cette ligne de politique générale ; c’est au tour des pouvoirs publics de s’y mettre vraiment, et de le faire ensemble.

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