Nouveau retard pour l’aéroport géant d’Istanbul. La faute à qui ?

L’ouverture en douceur de l’aéroport géant inachevé d’Istanbul n’a pas eu lieu en octobre, mais en décembre 2018. Le gouvernement a annoncé des retards repoussant le transfert des activités au nouvel aéroport au 3 mars 2019. Cette date risque fort d’être à nouveau repoussée selon diverses sources. On vous explique pourquoi :

Départ de la directrice générale des aéroports de Turquie (DHMI)

Le départ de Funda Ocak, directrice de la Direction générale des aéroports de Turquie (DHMI), a soulevé des questions. Funda Ocak était la responsable de l’état pour le projet d’aéroport, mais alors que les travaux de construction sont sur le point de s’achever, elle a dit qu’elle prenait sa retraite.

Funda Ocak (photo ci-contre) travaillait chez DHMI depuis 1985 et en était la directrice générale depuis 2016.

Officiellement elle prend sa retraite à cause de la fatigue et affirme qu’elle souhaite « passer plus de temps avec sa famille« .

Des sources à Ankara ont toutefois déclaré que sa décision avait été prise par le chaos qui régnait dans le nouvel aéroport, les pressions politiques exercées sur le projet et les problèmes économiques causés par la hausse des coûts.

L’ouverture totale se fera après les élections locales du 31 Mars prochain

Le nouvel aéroport géant d’Istanbul, un projet phare du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, connaît de graves problèmes.

Il semble que la date d’ouverture totale du grand aéroport risque d’être repoussée à cause des craintes qu’un déménagement anticipé puisse conduire à une catastrophe à l’aéroport avant les élections locales du 31 mars.

Selon également des rumeurs, le candidat au maire de l’AKP à Istanbul, l’ancien Premier ministre Binali Yıldırım, craint que si l’aéroport ouvre ses portes avant qu’il ne soit prêt, il pourrait en résulter un souci lors des prochaines élections prévues fin Mars.

Turkish Airlines pourrait devenir l’actionnaire principal du nouvel aéroport (et donc de l’état turc)

Des entrepreneurs qui avaient signé des contrats lucratifs pour la construction et l’exploitation de l’aéroport abandonneraient le navire en perdition. Le projet de partenariat public-privé risque d’être remis en question.

Les milieux économiques en Turquie affirment que la société d’investissement et d’exploitation immobilière de Turkish Airlines s’apprêterait à reprendre entre 40 et 60 % des actions, ce qui pourrait faire de la compagnie aérienne le partenaire majoritaire du nouvel aéroport.

Si tel est le cas, entre 2,4 milliards et 3,6 milliards d’euros de la dette seront transférés à Turkish Airlines et, par extension, à l’État turc.

Les 49 % des actions cotées en bourse de la compagnie aérienne ont été ajoutés au « Turkey Wealth Fund », présidé par le président Recep Tayyip Erdoğan et dirigé par son gendre, Berat Albayrak.

La société immobilière nouvellement créée de Turkish Airlines fait également partie du portefeuille du fonds souverain turc…

On saura dans quelques jours si l’ouverture de l’aéroport géant d’Istanbul se fera ou non dans les délais. Dans tous les cas, le parti du président Erdoğan utilise tous les moyens pour éteindre le moindre incendie qui porterait préjudice.

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