Nantes, un pari culturel gagnant!

Forte d’une équipe de 300 personnes, la structure encadrant le tourisme nantais est une machine digne d’un roman de Jules Verne. Lors de la fermeture des chantiers navals dans les années 80, un directeur artistique et un homme politique ont pris le pari de l’art et de la culture pour empêcher la « carolorisation » de leur ville.

En 2017, les chiffres de fréquentation attestent d’une réussite à la hauteur des investissements engagés. Breton’nantes, passion’nantes, bouillon’nantes…. Les préfixes s’attachant à la ville sont légion. Signes qui ne trompent pas: CroisiEurope et les voyages Léonard proposent la destination depuis peu.

Voyage à Nantes (VAN) : une structure, et… un parcours

Un flou artistique existe ici entre deux choses très différentes. Cela mériterait un choix pour plus de clarté. Lisez plutôt:

« Voyage à Nantes » est le nom romanesque donné à « l’organisme de promotion touristique par la culture » de la métropole nantaise. C’est aussi un évènement estival qui se tient du 1er juillet au 27 août cette année.

L’organisme est le rassemblement de l’office du tourisme, de structures culturelles et d’un parcours artistique le long de la Loire. Mais… il s’agit également d’un évènement estival s’étalant le long d’une ligne verte sinuant dans les ruelles de la ville sur plusieurs kilomètres. Elle permet de découvrir les lieux culturels et gastronomiques de la cité.

MaritéQuoi qu’il en soit, la culture au sens large est devenue, depuis la fin des chantiers navals et la fermeture de la biscuiterie LU, l’emblème de la ville française.

Avec une enveloppe annuelle de 27,5 millions d’euros (sic) pour VAN et plus de 300 personnes dédiées à cette aventure, les autorités politiques et culturelles ont redéfini la ville avec succès.

Les derniers chiffres (Novembre 2016) sont particulièrement élogieux: Les taux d’occupations hôtelières ont augmentés malgré les évènements. Ce sont 521.489 nuités marchandes qui ont été déclarées pour les deux mois d’été. Presque 3 millions de nuités annuelles! La hausse est constante depuis 2010.

Partie de peu, la ville se positionne désormais comme une des destinations les plus prisées de France. A titre d’exemple, Paris a connu une baisse de fréquentation de 11% (Source Deloitte – septembre 2016)

Pour de plus amples informations, le site officiel de la ville est accessible via l’adresse suivante: http://www.levoyageanantes.fr

7717470502_7afc3ff548_bBlaise et Ayrault: un couple qui marche

Le succès de ce revirement dépend principalement d’un homme: Jean Blaise. Arrivé à Nantes en 1982, ce directeur artistique va installer la culture dans cette cité de la Loire atlantique. Il va progressivement mettre en place des festivals et des évènements. Il réveille une ville qui s’étiolait suite à la disparition de ses deux principaux employeurs. Il permet à des artistes locaux et internationaux de s’exprimer urbi et orbi.

Jean-Marc Ayrault est l’autre homme fort de ce succès. Celui qui fut Maire de 1989 à 2012 propose à Blaise de refondre l’offre culturelle en 2010. Fort de 20 ans d’expérience, ce dernier ne se fait pas prier. Ayrault, bientôt Premier Ministre, l’assure de son soutien. Si la valse ministérielle l’exclu de Matignon en 2014, on imagine que des opportunités ont été saisies pour le plus grand bonheur des Nantais, des artistes et des touristes.

L’estuaire: un parcours artistique de Saint-Nazaire à Nantes

Créé en 2007, ce parcours a été pensé comme une biennale dont la dernière a eu lieu en 2012. Le long de la Loire, de Nantes à Saint-Nazaire, une série d’oeuvres contemporaines viennent ponctuer les bords du fleuve.

Sur la rive sud du fleuve ligérien, 12 travaux ont été placés. On retiendra tout particulièrement le serpent d’océan installé par Huang Yong Ping en face de la base sous-marine de Saint-Nazaire. Plus loin, une maison a été immergée dans la Loire. L’installation de Jean-Luc Courcoult nous raconte une histoire locale avec beaucoup de poésie. A découvrir au coucher du soleil pour plusieurs raisons mais…. Chuuuut.

14713888587_cfebe26caf_bDeux œuvres sont à voir à Saint-Nazaire et 12 autres à Nantes intra-muros.

La carte proposée par “le voyage à Nantes” reprend les coordonnées GPS à destination des autocaristes. Le plan est détaillé mais les sites sont peu flêchés. Se tromper de route permet dès lors de découvrir la surprenante campagne environnante: une volonté assumée.

On peut le visiter gratuitement toute l’année. Que ce soit à vélo, en bateau ou en voiture, ce chemin dans l’art contemporain est réellement intéressant. Une application pour téléphones portables (Estuarium) permet d’en savoir plus. A faire sans hésiter. Deux bacs vous feront traverser les rives gratuitement.

Une guide et une étape gourmande

Si le “voyage à Nantes” est le nom donné à la société gérant la culture nantaise, on sait désormais qu’il s’agit aussi d’un évènement se passant l’été. Avec Sandrine Bernier, une guide passionnante, nous avons suivi la ligne verte qui permet de découvrir les oeuvres pérennes issues de la rencontre estivale. En été, l’offre est par essence plus importante.

Des anciens établissements LU, en passant par le magnifique musée ayant pris place dans le château des Ducs de Bretagne, les lieux d’intérêt réinventés se suivent de façon intéressante.

La journée s’est terminée en haut de la tour Bretagne. Pour un euro, vous avez accès au 32ième étage où un bar s’est installé sur l’oeuvre récente d’un artiste invité. L’installation de Jean Jullien permettra de profiter d’une vue à 360 degrés sur Nantes et sa banlieue. Le lieu était délaissé depuis des années et l’art, comme partout ici, lui a redonné vie.

Il serait dommage de terminer ce papier sans parler du restaurant « des chants d’avril ». L’étape bistronomique de Christophe et Véronique François fait la part belle aux produits locaux. On redécouvre des choses goûteuses avec des vins choisis.

Dans une des pièces de cette ancienne maison, se trouve un panorama peint sur de la toile tendue et qui est d’époque. On s’y sent bien.

L’aéroport nantais transporte quelque 4 millions de passagers par an. La destination gagnerait certainement si les prix pratiqués pour s’y rendre en avion, étaient moins onéreux au départ de Bruxelles.

Lors d’une récente réunion de rédaction, nous avions évoqué Nantes comme l’une des villes les plus belles d’Europe, voire d’ailleurs. En partenariat avec le monde culturel, les autorités sont parvenues ici à dynamiser une destination dont l’avenir semblait aussi sombre que certains nuages de l’Atlantique. Du patrimoine vernaculaire à l’art contemporain, les centres d’intérêt sont mis en valeur pour le plus grand plaisir de tous. Une culture pour tous, mais pas de masse, qui nous a séduit. Une ville volontairement tournée vers l’humain.

CroisiEurope y fait étape depuis un an. Les transports Léonard aussi comme d’autres voyagistes du plat pays.

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