Mu.ZEE : nouvelle aile Ensor / Spilliaert

Collection Mu.ZEE, Ostende / Ostend - © SABAM Belgium 2016

Le Mu.ZEE ouvre en 2016 une nouvelle aile consacrée à James ENSOR (1860-1949) et à Léon SPILLIAERT (1881-1946), deux grands maîtres belges de la modernité, tous deux natifs d’Ostende.

Bien que leurs œuvres et leurs démarches artistiques respectives soient très différentes, les noms d’Ensor et Spilliaert sont souvent liés, notamment en raison d’Ostende, ville à laquelle leurs noms sont indissociablement liées.

Pour James Ensor, Ostende fut à la fois une muse et une source d’inspiration. Il aimait particulièrement la ville, ses nombreux habitants, l’impétueuse mer du Nord, le carnaval qui chaque année colorait les rues…

De vingt ans son cadet, le peintre Léon Spilliaert – dont le Mu.ZEE conserve la plus grande collection en Europe – cultivait lui aussi une relation très forte avec la « Reine des Plages ». Ses pérégrinations nocturnes à travers la ville et ses longues balades le long de la plage furent à l’origine de ses plus belles œuvres, sombres et mystérieuses.

Avec la centaine d’œuvres que présente la nouvelle aile ENSOR | SPILLIAERT sur plus de 1.000 m², le Mu.ZEE souhaite donc particulièrement mettre en lumière les chefs-d’œuvre des collections de la ville d’Ostende et de la province de Flandre occidentale. La nouvelle aile du musée permet également de découvrir d’autres de leurs contemporains, connus et moins connus, dont Eugène Demolder, Mariette Hannon-Rousseau, Willy Finch, Émile Verhaeren, Henri Vandeputte, Emma Lambotte, Edmond Deman, Paul-Gustave Van Hecke, Théodore Hannon et Stefan Zweig. Elle met particulièrement à l’honneur le cinéaste Henri Storck et le photographe Maurice Antony.

James ENSOR

Né en 1860 à Ostende James Ensor domina la peinture belge de son époque. Il commença à peindre sous l’influence de Manet et Degas et des symbolistes de l’époque qui renoncèrent à exprimer les apparences au profit des idées. Sa particularité se trouve dans l’exceptionnelle ardeur vitale qui lui fait apprécier les êtres et les choses jusque dans les aspects les plus positifs et matériels dans un débordement de joie qui entraîne tout et chacun dans des rondes triomphantes.

On ne peut donc associer son nom à un style pictural défini; sa peinture transcendant tous les styles du naturalisme à l’expressionnisme et au surréalisme en passant par l’impressionnisme, le symbolisme et le fauvisme.

Ensor est représenté au Mu.ZEE grâce à une importante collection de tableaux – dont le célèbre « Autoportrait au chapeau fleuri » – et par une collection graphique de premier ordre. De plus, le lien avec la Maison Ensor est unique au monde. C’est dans celle-ci, située à quelques kilomètres du musée, que le maître a vécu jusqu’à sa mort en 1949. La Maison Ensor, propriété de la ville d’Ostende, est devenue l’un des musées satellites du Mu.ZEE en 2008, avec le musée Permeke à Jabbeke. Depuis ce jumelage, le nombre de visiteurs est en constante augmentation : en 2009, la Maison Ensor a accueilli 13.368 visiteurs belges et étrangers et 23.288 visiteurs en 2015.

L’intérêt pour la vie et l’œuvre de James Ensor ne se dément pas : le MoMA de Paris et le Musée d’Orsay à Paris lui ont tous deux consacré une exposition à l’occasion du 60e anniversaire de sa disparition (2009-2010) et, en 2010, le Mu.ZEE a organisé l’exposition Bij Ensor op bezoek. Cet automne, la Royal Academy of Arts de Londres inaugurera l’exposition « James Ensor by Luc Tuymans » (29/10/2016).

Léon SPILLIAERT

Léon Spilliaert est également né à Ostende en 1881. Il fréquenta le milieu du symbolisme belge, dont Maeterlinck et Verhaeren furent les membres les plus connus. Après un cours passage par l’Académie des Beaux-Arts de Bruges entre 1899 et 1900, Spilliaert construit l’essentiel de sa carrière de manière autodidacte à Ostende. Né une vingtaine d’années après les principaux membres de la génération symboliste (celle de 1860), il adhère néanmoins à cette esthétique qu’il prolonge bien au-delà de 1900. Il fut l’auteur de séries de natures mortes, d’autoportraits et de paysages, tous marqués par un climat d’inquiétante étrangeté.

Réalisées le plus souvent sur papier, ces œuvres explorent, à travers des techniques aussi diverses que le crayon, l’encre de chine, le pastel ou la gouache, l’aquarelle, les crayons de couleur et toutes les ressources du noir. Sans doute faut-il voir dans ce parti-pris une manière de pessimisme (largement alimenté par la lecture d’Edgar Allan Poe et celle de Nietzsche), mais aussi un contrepoint à ces figures tutélaires du symbolisme que sont Odilon Redon (célèbre pour ses noirs), Eugène Carrière ou encore l’Américain Whistler. Il fut très proche de James Ensor.

Grace aux expositions de Bruxelles et d’Ostende dans les années 1990, Spillaert acquiert une plus large reconnaissance auprès du public et la Maison Spilliaert – une initiative privée très attendue – ouvrira prochainement ses portes près du Mu.ZEE.

James Ensor et Léon Spilliaert sont des artistes contemporains : leur regard sur la société sont plus que jamais d’actualité. Chaque œuvre ou document d’archives renvoie à une série de petites et de grandes histoires, qui font le lien entre l’Ostende d’hier et celle d’aujourd’hui. Un guide du visiteur,  » Deux grands maîtres d’Ostende « , est disponible en 4 langues (5 €).

Le Mu.ZEE souhaite en outre présenter les deux grands maîtres aux jeunes, aux étudiants et aux familles : il publie ainsi un carnet pour les familles, des dossiers pédagogiques pour les enseignants et les étudiants et des fiches de mission. Une application mobile et d’autres applications numériques seront également disponibles pour le 1er juillet.

 

 

 

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