MSC hisse les voiles

Le milliard d’euros est désormais la norme pour la construction des navires de croisière. On n’en veut pour preuve que les accords signés hier à Paris en présence du Premier ministre, Edouard Philippe, qui vont donner à la croisière un coup de fouet comme elle n’en a encore jamais connu.

Les contrats signés portent, d’abord, sur la transformation en commande ferme des troisième et quatrième paquebots géants du type World Class, pour un montant d’un peu plus de 2 milliards d’euros. La construction du futur MSC Europa (photo ci-dessus) a débuté le 31 octobre dernier à Saint-Nazaire en vue d’une livraison en mai 2022. Son premier sistership suivra en mai 2024. Deux autres navires de la classe Europa ont été également confirmés, et devraient rejoindre la flotte de MSC respectivement en 2025 et 2027.

Un tiers de kilomètre

Longs d’un tiers de kilomètre pour 47 mètres de large et 68 m. de hauteur, ces quatre nouveaux géants des mers pourront accueillir plus de 6.700 passagers. Surtout, ils seront les premiers paquebots réalisés en France fonctionnant au gaz naturel liquéfié. Le premier d’entre eux embarquera également, à titre expérimental,  un prototype de pile à combustible fonctionnant au GNL afin de réduire les émissions de CO2.

Par ailleurs, MSC et les Chantiers de l’Atlantique devaient également signer hier des MoU (Memorandum of understanding – protocoles d’intention) pour deux nouvelles classes de navires. Le premier projet porte sur une nouvelle génération de paquebots géants également dotés d’une propulsion GNL, basés sur la série World Class mais encore plus grands. Quatre unités sont prévues pour un investissement de plus de 4 milliards d’euros.

Toujours plus de luxe

Le second projet, connu sous le nom de « LUX », concerne cette fois des navires plus petits — un millier de passagers — et dotés d’une propulsion à voiles et d’autres énergies vertes (photo).

Pas du tout dans le style des clippers mais avec un look futuriste, accentué par le design des voiles commandées par ordinateur.

Après le succès croissant rencontré par la classe Yacht Club à bord des derniers navires de MSC, on comprend tout de suite qu’il s’agira là d’un nouveau produit, qui devrait s’adresser à une clientèle encore plus « haut de gamme » et s’inscrire dans un courant « bobos de luxe » très porteur. Après la réalisation du prototype, une autre unité sera commandée, suivie encore de deux autres, pour un montant supérieur à 1 milliard d’euros.

Au total, le plan de charge de MSC, qui s’étend sur dix années, représentera un coût que notre confrère Mer & Marine évalue entre 7 et 8 milliards d’euros… La compagnie inaugurera ainsi deux nouveaux bateaux chaque année !

Les contrats du siècle

Si les signatures apposées au bas de ces documents confirment la position de MSC comme client numéro Un des Chantiers de Saint-Nazaire, c’est véritablement le « contrat du siècle » pour ces derniers. D’autant qu’il est complété par un autre, puisqu’ils travaillent sur deux classes de paquebots destinés à des filiales du groupe américain RCCL.

La série des plus gros navires de croisière du monde, après les Harmony of the Seas (2016) et Symphony of the Seas (2018), se poursuit avec la construction du Wonder of the Seas, un géant de 362 mètres de long et 2759 cabines, qui entrera en service au printemps 2021 au sein de la compagnie Royal Caribbean International. Quatre autres navires doivent encore être construits pour entrer progressivement en flotte en 2021, 2022 et 2024.

Pour les Chantiers de l’Atlantique, cela représente des milliers d’emplois et des millions d’heures de travail. Quel autre secteur peut en dire autant ? Une aubaine pour la Région, car on se rappellera que l’entreprise, après avoir connu des fortunes diverses — dont l’entrée au capital d’un groupe coréen — a bien failli disparaître… Elle doit aujourd’hui à son dynamisme et à se créativité de figurer parmi les premières au monde.

[Sources : Capital, Mer & Marine]

Photos :© Chantiers de l’Atlantique

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