Mobilisation pour Chambord

A Chambord, l’évaluation des dégâts se poursuit après une décrue tout aussi rapide que la montée des eaux et vient de faire apparaître un risque d’effondrement du dépôt lapidaire situé à l’intérieur même du château.

Le domaine national de Chambord a découvert le 7 juin, lors d’une inspection avec l’architecte en chef des monuments historiques, que des éléments en pierre qui y sont conservés, hauts de plusieurs mètres et pesant plusieurs tonnes, se fissurent, se détachent des murs, ou risquent de s’écrouler sur eux-mêmes. Il n’y aucun danger pour le public ni pour la structure du monument. Le problème ne concerne pas la stabilité de la tour François 1er. Cette partie du château est pour le moment fermée à la visite.

Le problème porte sur la bonne conservation de ces sculptures de pierre, oeuvres majeures de l’architecture de la Renaissance, qui sont des éléments d’origine des structures hautes du donjon, vieux de cinq siècles, déposés à la fin du XIXème siècle, dans l’un des bras de croix du château et réinstallés au rez-de-chaussée de la tour François 1er dans les années 1960. Ces éléments forment une sorte de musée lapidaire propre à Chambord, qui permet de voir de tout près la finesse des sculptures qui se trouvaient aux points culminants du château : la lanterne, couronne de pierre du célèbre escalier à doubles-révolutions attribué à Léonard de Vinci, un demi-lanternon, des arcs-boutants.

Les désordres constatés sur les éléments lapidaires semblent provenir d’un tassement du sol fait de tomettes posées sur un soubassement de sable que la pression de l’eau a perturbé.

Sous réserve d’un rapport détaillé de Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques en charge de Chambord et de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le protocole de restauration consisterait à reprendre les fondations in situ. Le budget avoisinera les 300 000€ et s’ajoute à la liste des dégâts.

En partenariat avec la Fondation du patrimoine, le domaine national de Chambord a lancé une campagne d’appel à la générosité publique pour procéder aux travaux d’urgence qui ne relèvent ni des aides de l’Etat, ni des assurances.

Si la reconnaissance de catastrophe naturelle a été sollicitée pour une douzaine de points au sein du domaine national, Chambord n’est pas éligible au fonds d’urgence pour les sinistrés, ne prétend pas pouvoir l’être et ne recevra aucun financement public qui serait soustrait à l’aide aux personnes et aux entreprises victimes des inondations.

Composé, outre le château, de 5540 hectares de bois et de prairies, 40 bâtiments, une église, six pavillons d’entrée, sept ponts, 32 kilomètres d’un mur vieux de plus de quatre siècles, le domaine national de Chambord est entièrement propriété de l’Etat, entièrement inscrit dans la liste du patrimoine de l’humanité, entièrement classé monument historique. Son intégrité territoriale n’a pas été modifiée depuis 1650. Sa conservation, sa gestion et son développement ont été confiés à un établissement public national, créé par une loi de février 2005 sur le développement des territoires ruraux (Président du conseil d’administration : Guillaume Garot, Directeur général : Jean d’Haussonville).

Cet établissement public est aujourd’hui autonome à plus de 86% pour son fonctionnement (budget de 16 millions d’euros) ; il finance la totalité de ses emplois sans exception. L’objectif visé est de 100% de ressources propres sur le fonctionnement en 2020. L’Etat (ministère de la culture) verse des subventions au titre des monuments historiques pour la plus grande partie des travaux lourds sur le château (1,8 millions d’euros par an).

De nombreuses personnes, émues par les inondations, ont sollicité Chambord pour apporter leur aide à la cause du patrimoine. Un objectif important de cette campagne est d’accélérer la relance de Chambord, afin que l’un des visages de la France se présente sous son meilleur jour aux visiteurs internationaux. Chambord participera ainsi au dynamisme de l’économie touristique, au bénéfice de tous les territoires qui l’environnent, y compris ceux qui ont été les plus touchés.

Le lien vers la campagne : https://www.fondation-patrimoine.org/fr/centre-7/tous-les-projets-378/detail-sauvegarde-du-domaine-de-chambord-apres-inondations-43693

Un film par drone de Chambord sous les eaux est accessible via le lien ci-dessous :

https://www.facebook.com/domainenationaldechambord/videos/1131864206853133/

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