« Mélenchon va pulvériser le pouvoir d’achat des bobos qui le veulent pour président »

Jean-Luc Mélenchon, le candidat d’extrême gauche à l’élection présidentielle française, a le vent en poupe. Alors qu’il était relégué au fond du classement, le voilà qui remonte fortement et se rapproche du podium de tête, si l’on en croit les derniers sondages.

L’un de ces sondages crédite même Jean-Luc Mélenchon de 18% d’intentions de vote, juste devant François Fillon. Les plus optimistes vont jusqu’à penser qu’à force de grignoter des intentions de vote, on risque d’avoir un deuxième tour entre Marine Le Pen d’un côté et Jean-Luc Mélenchon de l’autre. Pour le moment, ce n’est qu’une supposition, qui n’est basée sur aucun sondage, mais ce scénario fait frémir les patrons français, mais surtout, elle dérange les marchés financiers.

Vous me direz, comment voit-on que les marchés financiers ont peur de ce scénario ? C’est simple: l’écart de taux d’intérêt sur les dettes publiques française et allemande ne cesse de s’élargir. En d’autres mots, les investisseurs se méfient un peu plus de la France et demandent un taux d’intérêt plus élevé pour acheter de la dette publique française, ce qui évidemment n’est pas bon signe et augment la charge de remboursement. C’est exactement ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines avec la montée en puissance de Marine Le Pen dans les sondages. Et puis toute cette tension sur les taux s’est calmée avec la hausse du candidat centriste Emmanuel Macron. Ce qui veut dire que les marchés financiers, après avoir joué la carte François Fillon, jouent maintenant la carte Macron.

Encore faut-il que ce scénario bien huilé ne soit pas perturbé par un candidat-surprise du type Mélenchon ! Ce dernier fait peur aux investisseurs, car il est eurosceptique comme Marine Le Pen. Et à défaut de prôner la sortie de la zone euro, il veut mettre tellement de conditions, qu’en réalité, il risque, aux yeux de ces investisseurs, de provoquer une sortie de l’euro. Et il y a aussi son programme de dépenses publiques qui leur fait peur, car il n’est pas financé et se traduira par plus de dette publique. Enfin, il y a sa volonté affichée d’instaurer une taxation de 90% pour les revenus supérieurs à 20 fois le revenu médian. Bref, les investisseurs ont l’impression de revenir au programme commun de 1981 du temps de Mitterrand lorsqu’il était allié aux communistes.

« La question se pose de savoir si les Français ont vraiment bien lu le programme de Jean-Luc Mélenchon… »

La question se pose de savoir si les Français ont bien lu son programme. Ils semblent surtout voir un homme qui a policé son discours, qui ne chante plus l’Internationale lors de ses meetings. Et ces mêmes Français constatent que son site Internet est plus que séduisant et que ses apparitions sous forme d’hologrammes ont montré aux plus jeunes que l’homme sait aussi apprivoiser les technologies modernes. Sans compter que sa bonne vieille veste d’instituteur rassure une partie du public, comme l’écrit ironiquement le journal économique Les Echos en France.

Bref, une partie des intentions de vote émanent sans doute de personnes un peu bobo qui ne se rendent pas compte que, s’il est élu, son programme va pulvériser une bonne partie de leur pouvoir d’achat. C’est en tout cas ce que disent ses détracteurs qui lui reprochent aussi son engouement pour la Russie et le Venezuela. En résumé, Mélenchon dérange pas mal de monde, mais c’est ce qu’il aime le plus, surtout si ce sont les puissances de l’argent.

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