Etihad est à la recherche de liquidités. La compagnie doit trouver au plus vite plus d’un milliard de dollars. Principal problème: une stratégie de croissance externe menée au pas de charge.

Trop de dispersions

Ces dernières années, Etihad a multiplié les prises de participation dans des compagnies européennes comme Air Berlin et Alitalia. La compagnie allemande a depuis été dépecée et, sans soutien financier de Rome, Alitalia serait en faillite.

Or, un fonds commun de créances (SPV) dénommé Equity Alliance Partners (EAP), créé en 2015 à Amsterdam, avait émis deux obligations pour Etihad et d’autres compagnies qui incluaient Air Berlin et Alitalia.

Cela signifie que les investisseurs des Emirats Arabes Unis détiennent désormais plus de 400$ millions de dette, et il y a une pression politique sur la compagnie d’Abu Dhabi pour éviter un défaut en mars. Etihad est en train de mener des discussions internes pour évaluer si oui ou non, il faut continuer à supporter ces obligations.

Posture difficile

Jusqu’à présent, un mécanisme de crédit couvrait les paiements de bonds qui étaient dus par les compagnies aériennes en défaut, mais si cette « réserve de liquidités » est utilisée pour payer les bonds dus en mars et en juin, cela donnerait lieu à une réévaluation où la dette prendrait la forme d’un bond de 700$ millions avec pour échéance 2020 et un autre de 500$ millions avec pour échéance 2021.

Une source a confié à Reuters : « Si Etihad ne fait rien, elle finira par payer énormément (1,2$ milliards). S’ils n’essayent pas de sauver EAP, leur réputation de gestionnaires financiers en sera affectée ».

La conjoncture

Autre difficulté: la faiblesse des cours du pétrole. Etihad perd ainsi son principal avantage concurrentiel. En tant que compagnie du Golfe, elle bénéficie d’un pétrole à bas coût. Mais aujourd’hui, avec la chute des cours, ce sont toutes les compagnies, y compris occidentales, qui en profitent.

L’Émirat d’Abu Dhabi devrait mettre la main à la poche, mais la situation est tout de même scrutée de près par Airbus et Boeing, car rappelons que Etihad doit encore prendre la livraison de plus de 150 avions…

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