Lundi post Brexit

Depuis vendredi 31 janvier, la Grande-Bretagne ne fait officiellement plus partie de l’Union européenne. C’est, qu’on soit pour ou contre, un événement inédit et historique pour l’Europe. Sur la plan économique, démographique et économique, il y a cependant un risque de déclassement… Quelques exemples de ce déclassement.

Sur le plan du nombre d’habitant, c’est simple : nous resterons la 3ème région la plus peuplée au monde derrière la Chine et l’Inde, mais nous perdons quand même 66 millions de citoyens britanniques au passage. Bref, nous passons de 513 millions d’habitants à 447 millions, juste devant les Américains avec leurs 328 millions de citoyens.

Sur le plan de la superficie géographique, l’Europe occupe la 7ème place mondiale et, même si nous perdons le Royaume-Uni, nous conserverons cette 7ème place. En revanche, sur le plan de l’espace maritime, nous allons perdre un quart de cette surface avec le départ de la Grande-Bretagne, même si grâce à la France, nous resterons encore les premiers.

Et sur le plan économique ? C’est simple, le Royaume-Uni est la 2ème puissance économique mondiale derrière les Etats-Unis, et là encore, le départ de nos amis britanniques va amputer notre puissance économique de 15%. Suite à cette perte, la Chine sera donc sur nos talons… C’est clair que d’ici peu les Chinois seront la 2ème puissance économique devant l’Europe.

Mais les pertes les plus notables sont dans le secteur de la finance. En perdant Londres, nous perdons la 2ème capitale financière mondiale après New York. Certes nous gardons Francfort, mais cette ville allemande n’est que la 15ème place financière mondiale et Paris la 17ème

« Depuis vendredi 31 janvier, la Grande-Bretagne ne fait officiellement plus partie de l’Union européenne. Sur la plan économique, démographique et économique, il y a un risque de déclassement… » 

Et puis surtout au niveau de l’enseignement, lorsque l’on regarde le classement mondial établi par l’université de Shanghai, il n’y avait que les universités britanniques, c’est-à-dire Oxford et Cambridge, qui arrivaient à se classer dans les 10 premières places mondiales. Sans ces universités britanniques, il faut descendre jusqu’à la 26ème place du classement pour trouver enfin une université européenne. Ce n’est donc pas top, pas top du tout…

Alors que faut-il penser de ce Brexit, qui est enfin officiel ce vendredi ? Les uns diront que c’est une erreur passagère et que le Royaume-Uni reviendra, les autres diront que c’est au contraire l’Union européenne qui disparaîtra… Et les plus sages diront qu’ils ne savent pas. Souvenez-vous de la question posée dans les années 60 au premier ministre chinois de l’époque, Zhou Enlai.

Comme il a été étudiant en France, on lui a posé la question de savoir ce qu’il pensait de la Révolution française et de son influence deux cents après. Et qu’a-t-il répondu ? Qu’il était encore trop tôt pour en tirer des conclusions.

Pure sagesse chinoise ! Si après 200 ans il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur la Révolution française, il faudrait en conclure que pour le Brexit nous ne savons rien, juste des suppositions mais rien de plus. C’est une leçon de modestie !

 

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