Après des années à dire le plus grand mal des compagnies aériennes low-cost, les compagnies dites régulières inaugurent leurs propres low-cost. Certaines appliquent même directement les recettes de ces compagnies à bas prix sur leurs vols réguliers. Les grandes alliances n’hésitent plus à lancer des appels à candidatures. Pourquoi parlons-nous encore de « low-cost airlines » (LCC) et de legacy airlines ?

Pour les puristes de l’aviation, il y a des différences

Les LCC suivent une approche différente dans leur modèle d’exploitation, basée sur une commercialisation simple et des coûts faibles. Elles ont un nombre limité de vols quotidiens et de destinations. Elles ont mis l’accent sur des réseaux de point à point. En principe, elles n’utilisent que très peu les grands aéroports et préfèrent des aéroports secondaires.

Les LCC font payer le siège que le client souhaite réserver. La restauration est payante. Il n’y a pas de programme de fidélisation. Il faut payer le bagage enregistré. La compagnie aérienne n’assure pas le transfert des bagages sur un autre vol. La flotte d’appareils est en principe homogène.

Le personnel est moins rémunéré et la hiérarchie moins lourde. Bref, les experts retiennent toujours ces paramètres pour nommer une LCC. Mais est-ce bien raisonnable ?

Les compagnies aériennes régulières se distinguent très légèrement

La situation actuelle a connu de très sérieux changements. En Europe, et sur de courts et moyen-courriers, les compagnies régulières offrent des tarifs et des conditions proches de celles des compagnies low-cost. British Airways est un des exemples notables. Sur le court-courrier, on ne vous sert plus rien et sur le moyen-courrier vous payerez vos sandwichs de chez Mark and Spencer.

Les grandes compagnies comme Air France ou Lufthansa appliquent sur les bas tarifs une offre identique aux low-cost. Frais sur les bagages enregistrés, frais sur le sièges réservés, restauration limitée…la liste pourrait être plus longue. La différenciation tient aux programmes de fidélisation, aux aéroports desservis, aux correspondances sur les grandes plateformes. Les voyageurs fréquents auront peut-être la chance d’être accueillis dans des salons plus ou moins confortables.

Mais le passager reste motivé par le prix du billet

Les compagnies régulières ont compris que le prix est une donnée fondamentale pour le passager loisir et de plus en plus par des hommes ou femmes d’affaires. Elles ont ajouté des lignes tarifaires qui sont sensées faire la concurrence aux low-cost. Mais ces compagnies low-cost desservent désormais de grands aéroports, proposent des suppléments pour pénétrer plus rapidement dans l’avion.

Les sièges ne sont pas moins confortables que ceux des compagnies régulières. Le service est plutôt correct et dans tous les cas, il est très accueillant. Les différences sont désormais minimes au point que les compagnies régulières tentent de réduire la chute en créant leurs compagnies à bas prix.

Certaines LCC en Europe sont plus importantes que les compagnies régulières

Il faut noter qu’EasyJet a une part de marché au Royaume-Uni supérieure à British Airways. Ryanair a accueilli quasiment le même nombre de passagers que l’ensemble des compagnies du groupe Lufthansa.

La compagnie low-cost irlandaise a aujourd’hui 300 avions en exploitation et l’âge moyen est de 5,5 ans. D’ici 2024 et compte tenu des commandes d’appareils, Ryanair aura 520 avions en service et sera capable de transporter 160 millions de passagers par an. Qui dit mieux en Europe ?

Les grandes alliances aériennes prêtes à accueillir des compagnies low-cost

Star Alliance n’hésite pas à affirmer publiquement avoir besoin de compagnies low-cost au sein de leur alliance. L’annonce de Star Alliance est une reconnaissance du fait que les transporteurs à bas prix ont capturé une part de marché importante du trafic aérien mondial avec une baisse des prix des billets et des vols souvent à l’heure.

L’alliance prévoit d’accueillir des compagnies low-cost avec des conditions particulières. L’alliance accepte le principe de coopérer avec des compagnies non membres sur des marchés hors de son réseau. Plusieurs compagnies de l’alliance ont leurs propres compagnies low-cost dont Lufthansa possède Eurowings ou Singapore Airlines avec Scoot.

SkyTeam à la pêche également

Selon, le responsable de SkyTeam, Perry Cantarutti : « l’alliance SkyTeam envisage d’accepter les compagnies à bas coûts (LCC). « Nous examinons cette question. Je pense qu’il s’agit d’un développement probable ».

Perry Cantarutti a expliqué à un confrère britannique que « les lignes entre transporteurs traditionnels et les transporteurs à bas prix deviennent plus floues. Les LCC offrent souvent des produits haut de gamme tandis que les transporteurs traditionnels introduisent des billets à bas prix ».

OneWorld sur la même longueur d’ondes

Rob Gurney, qui est responsable de l’alliance Oneworld depuis Octobre dernier, a déclaré qu’il doit considérer l’approche des compagnies low-cost qui représentent une part sans cesse croissante du trafic mondial.

Oneworld est la plus petite des trois principales alliances de compagnies aériennes et Rob Gurney affirme que « les pactes de joint-venture sont devenus les principaux moteurs de profit pour les compagnies aériennes ». S’il reste prudent, les membres de l’alliance ne peuvent que s’allier pour exister sur certains marchés.

Il faudrait vraiment que l’industrie accepte le principe qu’une compagnie aérienne low-cost vaut bien une compagnie régulière.

 

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