L’impact du Brexit sur les « ailes » européennes

On ne parle plus que de cela ! Et il faut dire qu’on entend et on lit une quantité de bêtises incroyables. Rappelons immédiatement que la Suisse, par exemple, ne fait pas partie de l’Union, ce qui ne l’empêche en rien de faire partie de l’espace Schengen ou de l’espace aérien européen. Mais les marchés sont ainsi faits qu’ils réagissent de façon aussi épidermique qu’un électeur britannique.

L’impact du Brexit

Ne nions pas l’impact du Brexit sur la valeur des compagnies aériennes : IAG a perdu 26.80%, easyJet 14.3%, Ryanair 10% tout comme Air France – KLM 10%,  ou encore Lufthansa 9.1%, avec l’ensemble des bourses européennes. Il faudra aussi compter avec la chute de la Livre Sterling qui a perdu plus de 10% face au dollar.

En conséquence, les factures d’achats du pétrole ou celles de location des avions, qui se font en euro ou en dollar, vont terriblement augmenter et mettre à mal les bilans des compagnies. Le pouvoir d’achat des Britanniques va aussi diminuer dans les mêmes proportions, et l’Europe va donc devenir chère !

Et qu’en sera-t-il des droits de trafic ?

Théoriquement, la Grande-Bretagne ne peut plus bénéficier des accords « ciel ouvert européen ». Par exemple, finis les vols à l’intérieur de l’Europe sans passer par sa base. Plus de 5e liberté, comme disent les spécialistes.

De là à ce qu’IAG devrait revendre ses parts dans Iberia, c’est à notre sens assez stupide. Emirates détient bien des parts dans Air Berlin ou Alitalia. Et puis, être hors de l’Union ne signifie pas qu’il ne peut y avoir des accords négociés ! On inonde bien notre marché avec des œufs ukrainiens… Tout est négociable.

Lufthansa_A380_D-AIMA-1Le groupe LH en embuscade

Pourtant, il est évident que tout ceci pourrait profiter au groupe Lufthansa. Sans trop de bruit, le groupe allemand pousse ses pions sous la dénomination « Wings », d’où le titre de cet article. Pour la première fois, Eurowings a installé une nouvelle base opérationnelle hors des frontières allemandes, à Vienne pour être précis.

On se doute que ce n’est pas pour faire de la concurrence à Austrian, qui se porte plutôt bien, mais pour reprendre certains de ses vols, libérer ainsi des avions pour continuer le développement, et étendre petit à petit les ailes d’une sorte de low-cost bien contrôlée par le groupe, vers d’autres bases d’opération.

Bruxelles est évidemment dans le viseur.

Le moment n’est pas encore bon, il faut attendre que se tassent tous les remous dus aux attentats. Alors seulement, si les chiffres repartent à la hausse, LH se décidera à acheter les parts de SNBA qui en ferait l’actionnaire largement majoritaire. Est-ce à dire que Brussels Airlines disparaîtrait au profit d’Eurowings ?

Nous ne le pensons pas, pour ces arguments déjà développés précédemment dans Pagtour : il faut capitaliser sur le mot « Brussels », capitale de l’Europe, d’une part, et il ne faut absolument pas perdre cet autre capital hérité de la Sabena d’autre part: celui d’une image très forte en Afrique.

On pourrait alors s’orienter vers un moyen terme, en choisissant un nom avec « Wings », qui pourrait être décliné selon les pays et/ou les types de services proposés. Brussels Wings, par exemple.

 

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