L’IATA: à présent, ça suffit!

A l’instar du secteur maritime, le transport aérien est longtemps resté muet devant les campagnes de dénigrement systématique orchestrées par les lobbys verts. Ce temps serait-il révolu ?

Le transport aérien a entamé ses premières campagnes de réduction d’émissions dès 2008, mais il a pêché par manque de communication. « Nous sommes une cible, explique Alexandre De Juniac, directeur général de l’IATA, parce que l’aviation est un transport emblématique. Je suis allé défendre mon industrie devant les députés suédois et j’ai été sidéré par leur ignorance. Je pense qu’il est plus qu’urgent de fournir des explications claires et précises sur ce que nous faisons pour l’environnement et quel est notre impact réel ».

Les couloirs aériens font consommer 15% de carburant en plus

Alexandre De Juniac s’est fixé deux objectifs précis pour 2020 : s’exprimer «le plus rapidement possible» sur le dossier environnement et enjoindre la nouvelle Commission européenne d’accélérer le processus d’unification du ciel européen.

Il s’est confié à notre confrère Patrick Anspach dans L’Echo : « Parmi les arguments que nous ferons valoir, il y aura justement l’aspect écologique – c’est bien notre tour! – car les couloirs aériens nous font consommer plus de 15% de carburant supplémentaire ».

Une empreinte divisée par deux

On l’ignore le plus souvent, mais depuis 1990, l’empreinte carbone par passager a été diminuée par deux et l’objectif du programme «Corsia» (Carbon offsetting & reduction scheme for international aviation) de l’OACI est de favoriser une croissance de trafic sans augmentation d’émissions de CO2. En plus des recherches pour des carburants alternatifs, le programme Corsia prévoit aussi des compensations concrètes en matière d’environnement à hauteur de 40 milliards de dollars par an. Il est temps, en effet, de le faire savoir.

Et Alexandre De Juniac de poser la question : « Comment prétendre que le train est moins polluant que l’avion? Même sans tenir compte des infrastructures, il faut des usines à charbon pour produire de l’électricité ou, comme en France, des centrales nucléaires, mais ça, les lobbys ne le disent pas ».


Résultat de recherche d'images pour "5,7 dollars"Bénéfice moyen : 5,70 dollars par passager

Selon l’Iata, qui réunit 290 compagnies représentant 82% du trafic mondial, l’industrie du transport aérien devrait atteindre cette année un chiffre d’affaires de 838 milliards de dollars (+3,2%). Les dépenses atteindraient 796 milliards, dont 188 milliards (23,7%) pour le fuel (sur base d’un baril à 65 dollars). Au total, 4,5 milliards de passagers auront été transportés avec un taux moyen d’occupation de 82,4%. Le résultat opérationnel devrait atteindre 42,5 milliards et le bénéfice net 25,9 milliards, soit une marge de 3,1% et un bénéfice par passager de 5,70 dollars. En 2020, la demande en passagers/kilomètres devrait augmenter de 4,1% en 2020 (ils seront 4,72 milliards).

 

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