Lettre ouverte du secteur touristique belge

Madame la Première Ministre, Monsieur le Commissaire Européen, Cher voyageur, cher journaliste, et par extension cher citoyen belge,

Le coronavirus touche tous les secteurs sans exception, mais il frappe le secteur du tourisme en plein cœur. Notre secteur travaille d’arrache-pied pour ramener les voyageurs qui sont encore à destination. Nous n’épargnons ni les frais ni les efforts dans l’intérêt du client.

Depuis le 1er mars, les annulations de réservations tombent en masse, ce qui touche particulièrement fort nos agences de voyages et tour-opérateurs. Malgré tout, nous avons continué, nous avons annulé les voyages, nous avons informé les clients pour leurs futures vacances, nous avons rassuré, aidé et remboursé quand cela nous était possible.

Madame la Ministre Nathalie Muylle a fait preuve de compréhension et d’une grande efficacité. En concertation avec le secteur et sur base de chiffres et d’analyses fondées (*), un Arrêté Ministériel a été validé le 19 mars. Il prévoit un cadre juridique pour un système de bons à valoir pour les voyages qui sont annulés. Ceci est d’un intérêt vital pour toutes les parties concernées.

Ainsi, les voyageurs peuvent à nouveau réserver leurs vacances jusque 1 an après sa date d’émission et ce bon est couvert par une assurance insolvabilité garantissant les droits des clients. Cette solution n’a aucun impact sur le budget de notre gouvernement. Grâce à cette mesure, nous avons évité un épuisement des liquidités. Et sans cette mesure, beaucoup d’acteurs de l’industrie touristique feraient faillite à court terme.

L’Europe aurait dû rapidement prendre des initiatives concrètes, dès le début de la crise, pour soutenir l’économie et les consommateurs. Jusqu’à ce jour, rien n’a été fait pour notre secteur. Au contraire, le Commissaire Européen de la Protection des Consommateurs a fort critiqué cette solution vitale pour notre secteur. Il faut être conscient que cet Arrêté Ministériel protège effectivement le client et qu’il permet la survie du secteur touristique et les secteurs liés.

L’Italie a été le premier pays à agir, la Belgique a suivi, et des mesures semblables ont été adoptées aux Pays-Bas, en France, en Finlande et dans d’autres pays. Nous sommes actuellement un exemple pour beaucoup de pays européens. Nous félicitons de tout cœur le gouvernement belge d’avoir pris cette initiative en concertation avec le secteur.

C’est pour cela Madame Wilmes que nous vous demandons concrètement aujourd’hui :

1. Le maintien de ce système de bon à valoir, pour que notre secteur puisse continuer à remplir ses obligations légales et de service. Si le secteur du tourisme, et plus particulièrement les agences de voyages et tour-opérateurs, bascule, cela a un impact immédiat sur les voyageurs et sur d’autres acteurs économiques comme le transport, l’hôtellerie, l’Horeca, etc. De plus, les assureurs en insolvabilité n’auront pas les reins assez solides en cas d’hécatombe de tout le secteur.

2. Le secteur a un besoin urgent d’un fonds d’urgence/calamité comme dans certains pays scandinaves. Les organisateurs de voyages ont en effet versé de gros montants à leurs partenaires locaux sous forme d’acomptes pour les voyages réservés et ces montants ne peuvent pas être récupérés, ce qui entraîne de sévères pertes. Ce fonds sert à couvrir ces montants et à s’assurer que le travail effectué est récompensé. Ici aussi, le secteur est prêt à collaborer à trouver des solutions pour le réaliser. N’attendons pas qu’il soit trop tard.

3. À plus long terme, il est nécessaire d’adapter la Directive Européenne et sa transposition en législation nationale afin de ne plus se retrouver dans de telles situations, tout en préservant les droits du voyageur. À nouveau, nous proposons notre collaboration commune et efficace.

4. Une harmonisation des régions quant à l’aide structurelle prévue par chaque région aux commerces fermés, en ce y compris le secteur des agences de voyages.

Madame la Première Ministre, Monsieur le Commissaire Européen, cher voyageur, cher journaliste, notre message est très clair : sans soutien supplémentaire notre secteur ne peut pas survivre.

Nous espérons tous un soutien supplémentaire pour le secteur afin de protéger au maximum le voyageur et de permettre à l’industrie du tourisme d’avoir à nouveau un avenir. Vous pouvez toujours compter sur nous en tant que secteur. Nous travaillons encore 24 heures sur 24, malgré les circonstances difficiles, pour aider nos clients au mieux, parce que le client reste le centre de nos préoccupations.

ABTO – UPAV – VVR


Le secteur des voyages.

*Une étude d’impact de la crise COVID-19 (calculée jusqu’au 5 avril inclus sur base des mesures actuellement connues) pour notre secteur basée sur les chiffres des indépendants et des PME montre que l’impact pour le secteur du voyage (agences de voyages et organisateurs, sans tenir compte des grands acteurs comme TUI par exemple) se monte déjà à plus de 1,1 milliard d’euros. Suite aux nouvelles mesures de la cellule de crise, c’est-à-dire la prolongation de 2 semaines du confinement, l’impact s’élève aujourd’hui à plus de 1,5 milliard d’euros.

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