Les touristes à Bali mangeraient du chien sans le savoir

L’association australienne pour la défense des animaux Animals Australia s’est immiscée dans le milieu du trafic de chiens sur l’île de Bali, rapportant des images « undercover » de ce trafic illégal qui, selon l’association, serait responsable de la mort « inhumaine » d’environ 100.000 chiens, dans des conditions d’hygiène par ailleurs déplorables. Et de nombreux touristes en consomment sans le savoir.

Des pratiques abominables

Les images, d’une rare cruauté, montrent des chiens terrifiés violemment capturés, immobilisés, les membres ficelés, avant d’être enfermés dans des sacs puis transportés en camionnette. Les chiens sont ensuite battus à mort et découpés. D’autres sont abattus par balle, ou plus fréquemment empoisonnés, particulièrement les chiots.

b0a32e_d4796ec61abd4ab984b4d0e7bf812b35~mv2« Dog Satay »

La viande de chien est ensuite vendue sous forme de « Satay », des bâtonnets de viande typiquement indonésiens et populaires à Bali. Présentée comme de la viande de bœuf, de nombreux touristes mangeraient en fait de la viande de chien sans le savoir.

Bien que la viande de chien ne soit pas interdite en tant que telle à Bali, la cruauté envers les animaux et la vente de viande contaminée sont illégales. Cette viande ne serait pas seulement vendue sous forme de « Satay » sur la plage, puisqu’environ 70 restaurants en serviraient aussi.

Un problème reconnu…

Le gouverneur de Bali reconnaît lui-même l’existence de ce problème. L’année passée, près de cinq millions de touristes se sont rendus sur l’île, dont plus d’un million d’Australiens. Par ailleurs, la viande de certains chiens serait contaminée, engendrant des risques importants pour la santé de ceux qui l’ingèrent.

DM-Sate-BaliUne faible dose de cyanure, utilisée pour tuer le chien, sera ingérée par l’être humain qui mange sa viande, même après cuisson. Ceci peut provoquer des symptômes de nausées, diarrhée, courbatures et difficultés respiratoires, mais une exposition répétée et/ou prolongée est susceptible d’endommager les organes et le système nerveux.

Des morceaux d’estomac ou de cœur présents dans le « plat » peuvent même s’avérer mortels. Sans compter la rage, qui a provoqué la mort de vingt personnes à Bali en 2015, tandis que l’OMS chiffre à des dizaines de milliers les morts provoquées par la rage en Asie mais aussi en Afrique.

… pas si culturel

Ni l’inhumanité de ces pratiques, ni les arguments sanitaires ne semblent convaincre une partie de cette population, qui reste convaincue que la viande de chien est bonne pour la santé, « surtout en hiver ».

En réalité, ces pratiques ne sont pas ancrées culturellement à Bali. C’est une minorité chrétienne qui aurait apporté la consommation de viande de chien, qui s’est désormais répandue dans des sphères plus vastes. À l’inverse, la tradition hindoue considère le chien comme un animal sacré, vantant sa patience et sa fidélité.

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