Les syndromes du voyageur(4): le Syndrome de Jérusalem

Le psychiatre Yair Bar-El répartit le syndrome de Jérusalem en trois catégories.

Le Type 1 : les voyageurs psychotiques.

Il s’agit de personnes qui ont été diagnostiquées avec une maladie psychotique préexistante à leur voyage, par exemple la schizophrénie ou la bipolarité. Ces individus voyagent généralement seuls et ont un but, une mission qu’ils doivent absolument accomplir à Jérusalem.

Le Type 2 : les voyageurs considérés comme sains d’esprit mais avec l’obsession d’une idée fixe.

La plupart n’ont aucune maladie mentale détectée. Quand ils voyagent en groupe d’une vingtaine de personnes, ils sont facilement reconnaissables car ils portent des vêtements du temps de Jésus. Ils se sont fixés comme but d’accélérer le retour du Christ, par exemple.

S’ils sont isolés, ils se croient investis d’une mission, comme une sorte de message messianique à délivrer.

Basilique Du Saint-Sépulcre - Photo gratuite sur Pixabay

Le Type 3 : les voyageurs « normaux ».

Ce sont des personnes sans aucun passé psychiatrique, qui ne prennent aucune drogue et n’ont aucune mission à accomplir sur place. Ces touristes « normaux » ne sont sujets qu’à des épisodes psychotiques, dont ils se remettent facilement.

Mais alors pourquoi Jérusalem ? Il est évident que la ville réunit beaucoup de choses dans l’imaginaire du voyageur : son passé historique, le sens du sacré diffusé par la Ville Sainte.

On compte plus de cas lors des périodes de Noël et de Pâques pour les touristes chrétiens, de la Pessah pour les Juifs, et lors des mois de grande chaleur de juillet et août.

File:Jerusalem Mea She'arim (11354050486).jpg - Wikimedia Commons

Il y a encore d’autres syndromes qui semblent toucher les voyageurs. Mais il faut admettre que peu de psychiatres croient à ces syndromes ; ce sont surtout les médias qui aiment entretenir ce mythe de « pays pathogènes » ou de pays qui peuvent rendre fou, en citant des faits divers impressionnants.

Ceci dit, tout le monde n’est pas pareil mentalement et émotionnellement, tout le monde ne réagit pas de la même façon face à une nouvelle culture.

Il est évident aussi que les ambassades des pays concernés, les offices de tourisme ou les consulats admettent difficilement l’existence de ces pathologies. Ils prétendent sans doute avec raison qu’elles ne dépendent pas du pays que l’on s’apprête à visiter, mais de notre propre culture, notre façon de réagir face à un autre environnement culturel et social.

Michèle Unterberg

La rédaction remercie cette étudiante pour son étude, laquelle comptait une centaine de pages, qu’il nous a bien fallu résumer et condenser à l’extrême. Le travail original était, faut-il le dire, bien plus fouillé que nos brèves synthèses !

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