Depuis plusieurs années, Ryanair et easyJet narguent les compagnies régulières avec des tarifs bas et une augmentation continue des villes desservies. Mais ces derniers mois, les résultats financiers ne sont pas au beau fixe et l’avenir risque d’être compliqué. Cependant, en moins de vingt ans, les compagnies à bas coûts ont conquis près de 47 % de part de marché du ciel européen.

EasyJet en pleine turbulence

La compagnie aérienne a vu ses bénéfices annuels chuter de 17%. Dans ses dernières déclarations, Carolyn McCall, Directrice Générale, avait déclaré que l’année avait été difficile pour l’industrie, avec un bénéfice avant impôts de 408 millions de livres sterling, en baisse par rapport à 494 millions l’année dernière.

La chute de la livre a pesé sur le résultat net du transporteur, tandis qu’une guerre des prix a également provoqué une baisse des revenus par siège de 7,8%. La direction a également signalé que le rachat des 25 avions de la défunte Air Berlin va peser sur les résultats.

Et on ne parle pas du recrutement de 1 000 employés. Les opérations à Berlin Tegel devraient provoquer une perte totale de 60 millions de livres, plus environ 100 millions de livres sterling en autres coûts non récurrents.

easyJet tente de minimiser

Les dirigeants de la compagnie britannique s’emploient à relativiser ce repli d’ampleur. « Ce n’est pas nouveau », tempère François Bacchetta, directeur général France et Benelux d’easyJet.

Selon lui, le recul du bénéfice est lié « à la baisse du change de la livre face au dollar et à une pression sur les prix ». Elle a dû régler le prix de son kérosène, un tiers de ses coûts, avec une livre qui a perdu 15 % face au dollar.

Le nouveau patron d’easyJet ne va pas avoir la tâche facile

Carolyn McCall part au bon moment et va passer en décembre le flambeau à son successeur, le Suédois Johan Lundgren, qui arrive de TUI. Il y a eu quelques succès dont un record de passagers : : 80,2 millions en un an soit une hausse de 9,7 %.

Dans le même temps, la compagnie aurait amélioré son taux de remplissage qui culmine à 92,6 % contre 91,6 % un an plus tôt. EasyJet a eu la chance de voir Monarch Airlines déposé son bilan.

Cependant, le groupe a souligné que les perspectives pour la deuxième moitié de l’année étaient «très limitées». L’avenir n’est donc pas très clair pour easyJet, surtout si les conditions du Brexit restent incertaines.

Ryanair : la deuxième partie de l’année sera difficile

Ryanair, championne européenne des compagnies low cost, a été obligée d’annuler des milliers de vols car plusieurs centaines de ses pilotes seraient partis vers d’autres compagnies aériennes dont Norwegian. Malgré l’annonce d’un bénéfice impressionnant de 1,17 milliard d’euros (1,3 milliard de dollars) pour les six mois de l’année se terminant en septembre, la compagnie reste prudente.

De l’aveu même de Michael O’Leary, PDG de Ryanair « La deuxième moitié de l’année sera difficile dans un environnement de prix plus faible ». La compagnie aérienne prévoit que les tarifs chuteront de 15% au cours des six prochains mois jusqu’en mars 2017.

Environ 26% de ses ventes sont en livres sterling, alors que 18% des coûts de la compagnie aérienne le sont également. Il prévoit également de mettre de nouveaux appareils en Allemagne et en Italie plutôt qu’en Grande-Bretagne en raison de l’incertitude.

La concurrence s’active sur le low-cost

Après avoir longtemps négligé le segment du moyen-courrier à bas coûts, les compagnies régulières européennes comme Air France-KLM, British Airways et Lufthansa s’y précipitent depuis quelques années.

C’est surtout Eurowings qui devient dangereuse depuis le rachat d’une partie des avions d’Air Berlin. Transavia, la filiale d’Air France, se développe année après année et voit arriver une petite sœur nommée Joon.

IAG, maison mère de British Airways, a lancé, au printemps, Level une nouvelle compagnie à bas coûts. Enfin, de nombreuses compagnies low-cost sévissent en Europe avec l’islandaise Wow Air, de la hongroise Wizz Air ou de la scandinave Norwegian.

On ne prédit sûrement pas la fin des compagnies aériennes low-cost, cependant, le marché va commencer à se rétrécir. On attend le résultat des enchères sur Alitalia. Lufthansa comme EasyJet seraient sur les rangs ….comme pour Air Berlin.

Ryanair ne participe pas mais prévoit une offensive en Italie. À l’été 2018, Ryanair devrait ajouter à son réseau en Italie 18 lignes dont 13 depuis les aéroports desservant Milan. Ryanair compte transporter 39 millions de clients sur l’Italie l’année prochaine.

 

 

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