Les nouveaux nomades, un nouveau marché

Du juriste au comptable en passant par le conseiller fiscaliste, le spécialiste du marketing et les métiers de la technologie financière, les nomades numériques sont de plus en plus nombreux à travailler à distance dans un autre pays que le leur.

Pour les destinations — de préférence ensoleillées — la possibilité de s’y installer pour longtemps, associée à des conditions stimulantes, devient un argument marketing. Sans compter que ces nouveaux nomades, souvent à fort pouvoir d’achat, constituent une nouvelle clientèle pour les entreprises locales.

Selon le cabinet international de consultants MBO Partners, il y aurait déjà 41 millions de nomades numériques dans le monde, des travailleurs libres d’exercer leur activité n’importe où, parce que leur employeur le leur permet ou parce qu’ils travaillent en indépendant, grâce à l’usage des nouvelles technologies. Une connexion Internet rapide et de qualité est évidemment une condition sine qua non pour attirer les candidats.

La Thaïlande, qui propose déjà des formules de séjour étudiées pour les retraités, a été l’un des premiers pays à se précipiter dans ce créneau. On peut aussi citer la Géorgie, peu affectée par la pandémie, qui a des atouts pour attirer les travailleurs à distance. Notamment un coût de la vie très bas et une capitale, Tbilissi, qui bénéficie d’un excellent accès à Internet.

Destiné aux entrepreneurs et travailleurs free-lance originaires de 95 pays, dont bien sûr la Belgique et la France, le programme pose des conditions simples aux candidats à l’évasion, qui peuvent rester dans le pays au moins 360 jours sans visa mais doivent toucher un salaire mensuel minimal de 2 000 dollars (env. 1 670 euros). Selon le site Numbeo, qui classe les villes du monde selon le coût de la vie, à la mi-2020, Tbilissi était à la 460e place sur 514.

En Europe aussi

En Europe, la Croatie, désignée parmi les meilleures destinations européennes en 2021, veut elle aussi attirer sur son territoire les nomades digitaux et leur famille en simplifiant les procédures pour obtenir un permis de séjour de courte durée, désormais accessible aussi ressortissants de pays non membres de l’Union Européenne.

Le permis est valable pour un an maximum, pour autant que l’entreprise pour laquelle ils travaillent à distance (ou leur propre entreprise) ne soit pas enregistrée en Croatie. Il faut aussi disposer d’un minimum de 3 800 euros sur une période de 12 mois.

L’île portugaise de Madère devient aussi une destination phare pour la jeune génération de nomades numériques, qui y trouve ce qu’elle cherche : qualité de vie, grands espaces, climat clément, à deux ou trois heures d’avion seulement de la plupart des capitales européennes. Le réseau routier y est excellent, l’offre de santé de qualité, les fruits et légumes y poussent en abondance, et la pandémie a été ici bien mieux gérée que dans nombre de pays d’Europe. Le 1er février, Ponta do Sol (photo), ville d’environ 10.000 habitants à l’ouest de la capitale insulaire, Funchal, a inauguré un nouveau centre pour le télétravail de plusieurs centaines de places, avec espaces de travail, wifi et aide à l’hébergement.

C’est un marché qui devrait se développer de plus en plus, d’autant que des espaces de co-working peuvent être installés partout et qu’Internet à haut débit, sauf exception, est disponible aussi partout.

 

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