MSC Cruises nous a permis tout récemment de visiter le chantier naval Fincantieri à Monfalcone, près de Trieste. Le survol de Venise à l’atterrissage est époustouflant. Et la ville de Trieste où nous étions logés vaut vraiment le détour, non seulement pour sa cuisine et les vins frioulans, mais aussi pour cette atmosphère si particulière, héritage de l’empire austro-hongrois peut-être, qui vous fait entendre en plus de l’italien du slovène ou du croate dans les rues très animées de la ville.

Deux nouveaux bateaux bientôt en mer

Nous n’allons pas tellement vous parler des deux bateaux en construction, le Seaside et son sister-ship le Seaview, même si leur visite est vraiment impressionnante. Nous avons déjà dans PagTour évoqué ces deux navires, destinés aux mers chaudes.

En effet, contrairement au Meraviglia qui présente un immense mall intérieur autour duquel toute la vie du bateau est ramenée, ces deux navires sont véritablement tournés vers l’extérieur, grâce à une architecture très innovante. Si nous avons pu assister au baptême et à la mise à l’eau de l’un d’eux, nous sommes cette fois plutôt enclins à réfléchir sur la croisière en général, et les très grands bateaux en particulier.

L’agent de voyages face aux critiques

On dirait que l’agent de voyages n’a pas trop d’arguments à présenter face à quelques critiques qui, la plupart du temps, émanent de personnes qui jugent de l’extérieur et connaissent mal le problème. Et très souvent nous sommes face à de la mauvaise foi ou du pur égoïsme. Comme cette dame qui se disait très opposée aux croisières, sujet qu’elle connaissait bien, puisqu’elle en avait fait beaucoup !

934732957-position-densite-parasol-bateau-de-croisiereC’est le même type d’argument que celui des visiteurs de l’Antarctique : « Surtout n’y allez pas, vous allez à terme détruire la nature ». Sous-entendu : moi, j’y ai été, donc je peux vous donner des leçons.

C’est assez pénible à entendre. Ou encore cet autre « ami » sur Facebook, qui certifiait que cela puait quand, avec son bateau de 11 mètres, il avait à passer derrière un gros navire.

Nous lui avions fait remarquer que les milliers de passagers à son bord voyageaient en « transport en commun », certains ne pouvant se payer leur yacht personnel. Mais soit, c’est de la veine polémique. Voyons donc les vrais arguments.

Plus pollueurs que d’autres ? À voir…

Le premier est justement celui de la pollution des mers. Il est vrai que de nombreux navires ont de tout temps utilisé la mer comme une décharge. Il en reste certainement encore. Mais les grands navires modernes de toutes les grandes lignes de croisières s’imposent un traitement total des déchets. Elles ne pourraient se permettre qu’on les filme, comme le prétendait la dame citée ci-dessus, en train de jeter des sacs à la mer.

De plus, si les quelques milliers de passagers d’un bateau avaient choisi un autre mode de vacances, ils produiraient exactement les mêmes déchets ailleurs sur la planète, et donc les choses serait égales. Benidorm, pour ne citer qu’elle, n’est pas un port de croisière, mais supporte pourtant sur un espace très réduit une « masse » de 250.000 habitants en saison !

Effet de foule, agoraphobie ? À vivre…

Deuxième argument : la promiscuité sur ces énormes navires. Il faut avoir vécu cela pour s’en rendre compte : l’organisation sur ces grands bateaux est telle que jamais on n’a l’impression d’être dans une foule. Bien sûr, vous aurez parfois des dizaines de personnes dans un bar, un restaurant, un casino. Mais ce ne sera jamais plus oppressant que dans des lieux identiques sur terre, au contraire !

Chacun est informé de ses heures de repas, d’excursion, de spectacle, et de l’endroit où il doit se rendre pour débarquer quand c’est nécessaire. En fait, tout se passe comme si vous étiez dans une petite ville. Par exemple, il y a 7.000 habitants à La Hulpe, soit bien plus que sur le plus grand navire au monde.

35.20130603163028Mais vous pouvez vous y promener sans être entouré par 6.999 autres personnes. C’est pareil sur un bateau : certaines personnes sont dans leur cabine, d’autres à la piscine, d’autres encore dans les bars, les restaurants, les boutiques, les salles de jeux, les bibliothèques, ou encore à terre quand on est en escale.

Pauvres vénitiens, riches vénitiens ?

Troisième argument : l’envahissement lors des escales. C’est un phénomène qui n’est pas propre aux croisières : celui des déplacements en groupes. Disons d’abord que ce n’est évidemment ni le capitaine, ni la direction de la compagnie qui impose son navire dans un port. Le choix des escales se fait de plusieurs manières.

Soit la compagnie voudrait toucher tel port et négocie son droit d’escale avec les autorités locales. Celles-ci ont donc tout le loisir de refuser ! Soit ce sont les villes portuaires elles-mêmes qui viennent se « vendre » auprès des compagnies maritimes, parce qu’un bateau en escale, c’est une poule aux œufs d’or !

Venice_crowdIl est vrai que des habitants de Venise se plaignent de l’abondance des touristes en juillet et août. Mais sans doute pas tous !

Demandez aux conducteurs de vaporetto, aux guides, aux marchands de souvenirs, aux échoppes, à tout ce qui fait la vie économique : ces gens en vivent !

Évidemment, il y aura toujours des métiers qui ne sont pas concernés : c’est l’éternel débat entre secteurs marchand et non-marchand. Qui fait vivre l’autre ? –Les deux, mais de manière différente ; ils sont essentiels tous les deux.

Venise, ville exceptionnelle, est un cas particulier.

Il est vrai que le cas de Venise est peut-être un cas limite. N’oublions pas que beaucoup de ports sont maintenant assez loin du centre des villes ; c’est le cas à Marseille ou Barcelone, Rome, Olympie et bien d’autres endroits. Les touristes arrivent alors dans la ville en autocar, et s’ils n’étaient venus en bateau, ils auraient un jour ou l’autre de toute manière visité cette ville, en car ou avec leur propre voiture (propre étant ici inapproprié).

7,5 milliards d’êtres humains…

21050407_05Voilà donc quelques sujets de réflexion. Nous ne doutons pas qu’ils feront débats, il y a toujours des opposants à tout. Tout le monde veut de l’énergie propre, mais personne ne veut des éoliennes dans son champ de vision. Tout le monde veut découvrir les merveilles de la terre, et prendre pour cela un avion ou un bateau.

Mais quand un autre avion survole sa maison, c’est une autre affaire ! Nous sommes donc persuadés que ce qui manque le plus, c’est un peu de tolérance (tout en luttant fermement contre les exagérations) qui nous permettra de « vivre ensemble ».

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