Dans la dernière vague de documents obtenus par Wikileaks, on trouve des instructions de la CIA pour ses espions qui voyagent d’un pays à l’autre. Certains de ces protocoles sont spécifiques aux besoins des agents de renseignement, mais nombre d’entre eux s’avèrent en réalité très utiles pour tout voyageur, et en particulier lorsqu’il s’agit de voyages d’affaires. En revanche, la plupart relèvent tout simplement du bon sens…

Un ensemble de conseils de bon sens

Le premier conseil du document semble assez sensé. Destiné à une équipe se rendant en Allemagne pour visiter un centre d’opérations basé à Francfort, on indique : « si vous utilisez une carte de crédit personnelle, assurez-vous d’appeler la société de crédit pour les prévenir de votre voyage en Allemagne ». Ce n’est pas une mauvaise idée…

On s’interroge aussi sur la formation de ces espions quand le document juge nécessaire de rappeler de « veiller à ne pas laisser d’appareil électronique ou de document sensible sans surveillance dans votre chambre ». C’est toujours mieux, en effet.

Puis, on trouve quelques indications utiles pour l’Américain moyen qui n’est pas encore familiarisé avec l’Europe : « Si vous arrivez un dimanche matin, attendez-vous à voir la plupart des magasins fermés. Certains restaurants sont ouverts. Les stations-essence ne sont pas recommandées pour dîner ».

Straight to the point

Plus amusant, l’avis de l’agence de renseignement américaine sur les compagnies aériennes. « Si vous volez sur Lufthansa, l’alcool est gratuit, alors profitez-en (avec modération) ! », « Si vous volez avec United, mes condoléances, mais au moins vous accumulerez de quoi être upgradé dans l’avenir ». Pas très patriotique…

Enfin, une dernière suggestion agréable : « Achetez-vous quelque chose au Duty Free, parce que vous êtes génial et que vous le méritez ! (puis-je vous recommander une édition de whisky single malt ?) ». Ce conseil est certainement valable pour tout voyageur, que votre activité consiste à vendre du produit détergent ou à financer des opérations clandestines.

Plus utile : éviter les contrôles « aléatoires » à l’aéroport

Le mémo a été suivi d’un autre intitulé : « CIA Assessment on Surviving Secondary Screening at Airports While Maintaining Cover ». Autrement dit, un guide qui contient quelques indications utiles pour éviter d’être la cible de contrôles supplémentaires à l’aéroport.

On y apprend, sans surprise, que les agents de sécurité sont plus enclins à contrôler un passager qui manifeste « des mains tremblantes, une respiration rapide sans raison apparente, des sueurs froides, des pulsations cardiaques élevées (visibles au niveau de la carotide pour un œil aguerri), un visage qui rougit et surtout une volonté d’éviter le contact visuel ».

Mais les procédures varient d’un aéroport à l’autre. Les agents de sécurité à Budapest utilisent un circuit fermé de caméras de surveillance et des miroirs sans tain pour surveiller les passagers et leurs signes de nervosité. En Mauritanie, lorsque les passagers récupèrent leurs bagages, les caméras zooment sur eux et on décortique leurs expressions faciales.

Vous serez quasi systématiquement contrôlé si vous changez de file en Côte d’Ivoire, si vous semblez observer la procédure d’enregistrement à Tokyo et si vous voyagez seul avec un sac à dos à Tel Aviv qui, rappelons-le, est sans doute l’aéroport le plus sécurisé au monde.

Plus ennuyeux, le manager de l’aéroport de Mogadishu (Somalie) aurait l’habitude de sélectionner un passager sur chaque vol pour l’accuser d’activité illégale, le forçant à payer un pot-de-vin pour être relâché. À l’aéroport de Chittagong (Bangladesh) aussi, les touristes peuvent se voir interrogés pendant une heure, jusqu’à ce qu’ils paient un pot-de-vin de $50.

Comment agir pendant le contrôle ?

Si jamais vous êtes malgré tout la cible d’un contrôle supplémentaire, évitez les tics de langage comme « ah » ou « hum », de vous pincer les lèvres, d’ajuster vos vêtements, d’utiliser des expressions comme « pour être honnête » et « je vous jure » ou de fournir des réponses trop fournies et spécifiques.

Ceux qui voyagent souvent pour affaires ne risquent pas d’être poursuivis en ne suivant pas ces conseils, mais par contre ils sont plus susceptibles de rater leur avion…

Les documents peuvent être trouvés ici et ici.

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