Les Balkans : les «autres» candidats à l’Europe

Il n’y a pas que la Turquie qui frappe à la porte de l’Europe. Le Monténégro et la Serbie sont également officiellement candidats, de même que la Bosnie-Herzégovine, trois nations issues de l’ex-Yougoslavie, comme la Slovénie et la Croatie, qui avaient déjà rejoint l’Union Européenne en 2004 et en 2013, respectivement.

Les Européens pourraient donc ainsi se retrouver à 30: après le « Brexit », et pour paraphraser De Gaulle à propos de sa propre succession, ce ne sera pas le vide, mais plutôt le trop-plein…

Des réformes à poursuivre

Car suite à sa demande d’adhésion, qu’elle avait officiellement présentée le 15 février dernier, le Conseil européen a en effet rappelé avant hier « son attachement sans équivoque à la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine en tant que pays unique, uni et souverain » et réaffirmé que « l’avenir des Balkans occidentaux est dans l’Union européenne ». Mais tout en saluant « les progrès significatifs réalisés dans la mise en œuvre du programme de réformes », Bruxelles demande au pays de poursuivre ses réformes économiques mais aussi celles dans le domaine de l’Etat de droit et de l’administration publique.

Un tourisme appelé à se développer

La route vers l’Union européenne sera donc encore longue. Les gouvernements successifs de la Bosnie-Herzégovine travaillent depuis 2015 à un programme de réformes pour entrer dans les critères de Bruxelles. Et le pays connaît un taux de chômage de 27%.

Avec un PIB de 15,57 milliards d’euros en 2015, l’économie est portée par le secteur tertiaire (66% du PIB) avec le commerce, les services aux entreprises, le transport et, depuis peu, le tourisme, sans doute appelé à se développer dans les prochaines années, à l’image de celui de la Serbie. Et on sait combien l’Europe peut profiter au tourisme de ses Etats membres, et inversement.

La fin d’une époque

Quoi qu’il en soit, l’adhésion de ces trois Etats balkaniques marquera la fin définitive d’une époque. La « Yougoslavie » avait définitivement cessé d’exister le 3 juin 200, à la suite de l’indépendance du Monténégro, il y a donc dix ans, mais le pays avait en fait explosé en janvier 1992, après une série de guerres internes qui suivirent la mort du chef de l’Etat, le maréchal Tito. Lequel disait volontiers que « La Yougoslavie a six Républiques, cinq nations, quatre langues, trois religions, deux alphabets et un seul parti » : une boutade, mais révélatrice de l’extrême complexité de cette région d’Europe, où naquirent les prémices de ce qui allait devenir la Première guerre mondiale.

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