Les arnaques dans le tourisme : une émission incomplète

Vendredi dernier, l’émission « Reporters » sur RTL-TVI proposait deux sujets sur les arnaques dans le tourisme.

Les boîtes-cadeau

Le premier sujet abordait le problème de qualité des coffrets cadeaux et ‘boxes’ de tout genre. La qualité offerte réellement par ces coffrets est bien loin des promesses qui figurent sur les catalogues de vente de ces boîtes. Le reporter semble dans un premier temps incriminer les prestataires hôteliers, lesquels ne donnent évidemment pas les meilleures chambres aux personnes qui payent les prix les plus bas. Ce n’est ici que de la logique commerciale, et on s’étonne de la naïveté de certains clients, qui s’attendent à des prestations de luxe après avoir payé 70 € pour une chambre double et deux nuits !

L’avis d’un consultant en tourisme

Et puis le coupable change, le reporter explique, grâce aux opinions d’un expert en tourisme, que la société qui commerciale ces boîtes prend 1/3 de la valeur marchande pour elle contre 2/3 au prestataire. Il montre aussi que la littérature enchanteresse des brochures date souvent de plusieurs années, et en tout cas n’a pas, semble-t-il, été approuvée par les hôteliers.

Un hôtel ? Trivaking…

Le reporter stigmatise aussi les sites de réservation d’hôtels, qui placent en premier ceux qui paient pour ce positionnement. Mais peut-on être assez naïf pour croire qu’un site de vente, c’est-à-dire une société établie pour faire de l’argent avant tout, est à même de fournir un vrai conseil en voyage qui viserait l’intérêt du client ?

Pigeons de tous pays…

Le second reportage est un court séjour à Rome. Faut-il aller jusque là pour savoir que la plupart des restaurants situés tout près des grosses attractions touristiques sont des pièges à touristes ? Encore une fois, énorme naïveté de la part de ces pauvres pigeons que le restaurateur-escroc voit arriver. Un petit groupe de 4 jeunes a enfin compris le deuxième jour : « Nous sommes dans un restaurant où nous sommes entourés d’Italiens ». Et celui-là est bon, évidemment. C’est l’ABC du voyageur, n’importe où dans le monde.

Des vendeurs à la sauvette

Ensuite il s’agit d’analyser les possibilités de visite au Vatican. Les touristes se font alpaguer par des rabatteurs d’ « agences », et payent 46€ la visite avec un guide non officiel, contre 32€ s’ils allaient sur le site officiel du Vatican. Et le reporter de conclure avec ces conseils : allez sur quelques bons blogs sur internet, qui vous donneront les bonnes informations.

Pas une fois, les mots « agence de voyages » n’ont été prononcés.

Pas une seule fois, le reporter n’a renvoyé chez les professionnels du conseil en voyage. Or ceux-ci ne peuvent, par définition, que travailler avec les meilleures agences réceptives sur place, faute de quoi ils perdraient tous leurs clients. Alors qu’en allant en direct chez des prestataires locaux qui vont évidemment toujours se prétendre les meilleurs, on signale à ses prestataires qu’on est quasiment un client « one shot », un candidat pigeon volontaire. À Rome comme à Bruxelles, à Paris ou n’importe où dans le monde.

Agence = Satan ?

Est-ce trop demander aux medias que de s’informer sur le véritable rôle des conseillers en voyages ? Est-ce que ces mots « agence de voyages » sont une formule qui donne la peste et le choléra ? Cependant, quand une chaîne de radio ou de TV désire offrir un cadeau attractif à ses auditeurs, elle se souvient tout à coup que les agences existent, auprès desquelles on peut aller mendier… Allons, reprenez-vous, messieurs les journalistes !

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