Les agences de voyages… entre le marteau et l’enclume ?

© Lunatix

Le grand débat actuel qui concerne les fameux « corona vouchers » (dont on ne peut que saluer l’effet salvateur en théorie) soulève de nouvelles questions.

Alors que dans l’immense majorité des cas, les simples remboursements sont quasi impossibles (et là, tout le monde semble d’accord), voici que certains agents de voyages s’inquiètent à présent d’une nouvelle donnée : la valeur exacte de ces « corona vouchers » à plus ou moins long terme…

Car il y a effectivement une différence entre simple remboursement (qui serait l’idéal en théorie, mais en pratique quasi impossible dans 99% des cas, comme tout le monde le sait) et ce fameux « corona-voucher » comme on l’appelle et qui est un « bon pour ». Ce dernier serait de valeur au moins équivalente et valable à la même période ou en période identique…

Mais c’est là que la problématique démarre : quid de la durée et surtout de la valeur du voucher en fonction du temps, des saisons touristiques, de l’évolution du marché. Car il faut que tout le monde joue le jeu correctement. On imagine qu’avec le redémarrage du tourisme, les prix vont remonter. Quand le secteur aérien par exemple avec les inspections, les homologations, les infrastructures, les aéroports, bref, quand tout le système va se réamorcer, cela risque d’entraîner une nouvelle flambée des prix (quid du prix du pétrole par exemple, rien que ce paramètre-là ?)

Bref, quand toute l’économie va « redécoller », les prix risquent d’augmenter plus vite que leur ombre, vue l’offre et la demande! Alors, quid de la valeur du bon ? Les clients vont avoir l’impression de se faire gruger. Aux agents de voyages de leur expliquer. Encore et encore.

Cas numéro 1 : qu’en sera-t-il pour un voyage à la même période (saison touristique) mais dans un an ? Déjà des différences de prix risquent de survenir ! Imaginons le voyage payé pour Pâques 2020 et repoussé à Pâques 2021 : un supplément va probablement s’ajouter, c’est quasi sûr, à moins que les TO « ne lâchent un peu de lest ». Il va (encore) falloir expliquer cela aux clients de l’agence de voyage (dont certains restent compréhensifs mais jusqu’à quand ?…)

Cas numéro 2 : si tel voyage prévu à Pâques peut (ou doit) se faire avant ? Par exemple en fin d’année 2020, soit au mois de décembre ou pire : en pleine période de Noël… On sait que là, les prix montent de toute façon, voire explosent… Ils seront forcément répercutés sur le voyageur mais calculés comment ? Et avec encore des explications à donner (et un montant à ajouter) !

Une connaissance agent de voyages m’a déjà fait part d’une certaine mauvaise foi de quelques TO, croisiéristes et généralistes…

Déjà pour la même période saisonnière, ceux-ci commencent un peu trop vite à faire des calculs d’apothicaires et à ergoter avec des prix différents, des surenchères, des échanges en tous genres. Lesquels ne seront valables que dans certaines catégories, blablabla, avec des ristournes sur les acomptes à venir (alors que tout a déjà été payé !), etc.

Bref, des calculs compliqués. Vous l’avez compris : alors que c’est encore la guerre contre le covid-19, la crise post-corona pointe déjà son nez ! Qu’adviendra-t-il en effet du prix des billets d’avions, des croisières, des hôtels, des circuits, des réceptifs (alors que le monde sera chamboulé et prendra un nouvel essor) dans à peine quelques mois (le plus tôt possible, bien entendu)?

Qui va vouloir tirer son épingle du jeu en premier ?

On croit connaître la réponse… Hélas, tout cela bien-sûr au détriment du voyageur (donc de l’agent de voyages). Les agences de voyages comptent dès lors sur les associations comme l’UPAV pour servir leur cause… Car ceux-ci seront en première ligne pour expliquer au client échaudé (plusieurs fois) que la saison touristique n’est pas la même, qu’hélas les hôteliers ont le dernier mot, que les TO se cachent derrière les tarifs et autres rigidités de paiements, etc.

Perte de crédibilité en vue ! Et encore des coups durs à prévoir. Sans vouloir jouer aux oiseaux de mauvais augure, nous pointons cette problématique. Et c’est peut-être là que des sociétés comme l’UPAV et… Test-Achats devraient intervenir. Et non pour cette dernière simplement s’en prendre aux seules agences de voyages qui ne sont que des intermédiaires, mais bien monter d’un cran et se tourner vers les fournisseurs (qui ont été payés)…

Bref, monter d’un « étage » et faire pression sur les compagnies aériennes, les croisiéristes, les hôteliers et les tour-opérateurs pour qu’ils jouent le jeu et ménagent les agents de voyages et par là, leurs clients. En leur rappelant peut-être que « l’union fait la force ». Surtout en de telles circonstances… Il en va de la crédibilité de tout un secteur.

Encore un mot: il s’agira également pour les tour-operateurs d’être à l’écoute de tous les agents de voyages et ne pas imposer des règles, parfois strictement et de manière irraisonnée ! Le bon sens sera de rigueur ! Si on a pensé à préserver tant bien que mal la trésorerie des organisateurs, il faudra aussi penser à celle de l’intermédiaire lorsque les clients refuseront de régler leurs soldes à J-30  pour des  départs plus qu’incertains!

Lunatix

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