L’Égypte investit
pour relancer le tourisme

Le Ministre du Tourisme égyptien a annoncé un plan de relance de 63 millions d’euros, principalement destinés à une vaste campagne de communication. Un montant non négligeable, surtout si on le compare aux 500.000€ supplémentaires (pour un budget original d’1 million) que le gouvernement Valls a déboursé pour promouvoir la destination France à l’étranger après les attentats…

Baisse de fréquentation

Le tourisme égyptien, comme d’autres pays du Maghreb, souffre des attentats qui ont frappé le pays. Le secteur accuse une chute de 45% depuis le début de l’année, où seuls 3,5 millions de touristes se sont rendus dans le pays. L’année qui précédait le Printemps arabe, ils étaient 14,7 millions.

« Si les voyants sont plutôt au vert dans la région arabe, l’Amérique du Nord ou encore l’Asie, ils sont au rouge en Europe », explique le Ministre du Tourisme égyptien Yehia Rashed. « Hélas, l’Europe est notre plus grand marché, et l’objectif de 11 millions que nous avions espéré ne sera pas pour cette année ». Le crash du vol Egyptair et ses 66 morts en mai dernier a probablement asséné le coup de grâce.

dsc02957C’est l’augmentation du prix moyen de la chambre qui a compensé le recul du taux d’occupation des hôtels en Égypte. Une solution valable à court terme mais qui ne permet pas de régler la baisse de fréquentation structurelle dont souffre le pays.

Une campagne et des mesures variées

Le Ministre Yehia Rashed veut croire à la reprise de la fréquentation touristique en Égypte dès 2017. Objectif : atteindre les 10 millions de visiteurs étrangers. Sa stratégie mise sur une communication accrue qui mettra l’accent sur l’héritage historique de la destination, la mise en valeur des sites UNESCO et la réouverture en 2018 du Grand Musée du Caire.

Les 63 millions d’euros en question serviront avant tout au lancement d’une campagne publicitaire qui s’étalera sur trois ans. Celle-ci visera plutôt à rassurer les visiteurs sur la sécurité de la destination tout en vantant les offres culturelles et balnéaires. Cela vient s’ajouter aux 32 millions d’euros supplémentaires débloqués pour renforcer la sécurité des lieux touristiques.

dsc02943Par ailleurs, l’Égypte souhaite renforcer son accessibilité et développer ses lignes aériennes via une baisse des taxes aéroportuaires, voire une suppression temporaire. Des vols vers Louxor et d’autres lieux touristiques sont par exemple à l’étude pour être desservis depuis des aéroports de province français.

Une économie en lambeaux

Comme l’expliquait Amid Faljaoui, l’Égypte n’est plus ce qu’elle était. On attend toujours la stabilisation géopolitique du pays et de ses voisins, seule solution structurelle à la baisse de fréquentation touristique pour rassurer les consommateurs et le marché. C’est impératif pour l’économie égyptienne, quand on sait que le tourisme représente 12,6% de l’emploi dans le pays (où le chômage chez les jeunes est de 40%) et 5,7% du PIB selon l’OCDE.

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