Le « Trésor d’argent » s’expose temporairement au Préhistomuseum

La civilisation oubliée d’El Argar réapparaît dans toute sa splendeur à Flémalle à travers près de 200 pièces issues des Musées royaux d’Art et d’Histoire.

La grande exposition temporaire du Préhistomuseum dévoile du 25 octobre 2019 au 19 avril 2020 la puissance d’une civilisation espagnole disparue, née il y a plus de 4.000 ans sous le nom d’El Argar. Ce sont les deux frères belges Siret qui ont découvert les premiers vestiges de cette société tombée dans l’oubli, après 650 ans d’existence sur un territoire grand comme la Belgique. Le Préhistomuseum invite à s’immerger dans cette société fascinante à travers près de 200 pièces issues des collections et archives des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles.

« Cette exposition est l’occasion de rappeler que le Préhistomuseum est aussi un musée
de société » rappelle Isabelle Simonis, présidente du Préhistomuseum. « Nous proposons
ainsi un voyage dans le temps qui fait réfléchir sur la structuration sociale de notre propre
société » ajoute le directeur Fernand Collin. « Poser la question relative à ‘la détention du
pouvoir’ est réellement une question d’actualité. »

Mais l’exposition « Le Trésor d’argent. La puissance de la civilisation oubliée d’El Argar » met aussi en lumière de superbes pièces (crânes avec diadème, bijoux, vases faisant office
d’urnes funéraires, etc.) dans une scénographique contextualisante, avec des reconstitutions comme la monumentale porte d’entrée du mur d’enceinte du site de la Bastida.

En lien avec la Belgique
Cette société a émergé précisément entre 2200 et 1550 avant notre ère dans une Europe
occidentale majoritairement composée de petits villages et d’agriculteurs, alors que se
développent au même moment les grandes civilisations méditerranéennes de la Grèce et de
l’Egypte. Bien qu’espagnole, El Argar a un lien avec la Belgique !

« À la fin du 19ème siècle » rappellent les deux archéologues commissaires de l’exposition,
Jennifer Kedzia et Anaïs Laurent, « deux ingénieurs belges, Henri et Louis Siret, se sont
expatriés dans le sud-est de l’Espagne pour travailler dans une mine exploitant le plomb
argentifère. Ces frères, archéologues amateurs, profitaient de leurs déplacements
professionnels pour explorer la région. »

Ils ont mis au jour de nombreux gisements préhistoriques datant du 6ème au 1er millénaire avant notre ère. Dans la nécropole d’El Argar, ils ont découvert plus de 1000 tombes enfermant des objets exceptionnels ; plus précisément, les corps recroquevillés et glissés dans de grandes urnes, avec des objets représentatifs du statut social des défunts.
« En observant des distinctions inhabituelles à l’époque, les archéologues ont conclu que
cette société était scindée en classes dont les niveaux de richesse étaient très inégaux.
La civilisation oubliée d’El Argar réapparaît dans toute sa splendeur à Flémalle à travers près de 200 pièces issues des Musées royaux d’Art et d’Histoire.

Au fil de leurs découvertes, les frères Siret – mais aussi les recherches récentes sur le sujet – ont en fait révélé une société complexe et très hiérarchisée, avec les premiers métallurgistes de la Méditerranée occidentale. Cette civilisation était dominée par quelques puissants, s’appuyant notamment sur le nouveau statut du métal – en l’occurrence l’argent – devenu véritable symbole du pouvoir. » Les archéologues pensent voir dans les vestiges la marque d’une élite prenant le contrôle sur le reste de la population, maîtrisant les ressources, leur transformation et leur distribution.

« Les objets » soulignent Jennifer Kedzia et Anaïs Laurent, « sont relus à la lumière des
découvertes récentes pour nous parler de ces hommes et de ces femmes qui se cachent
derrière le travail du métal, la confection d’étoffes, la fabrication de poteries ou de parures,
la préparation de nourriture… »

Le destin belge des collections
Ces objets ont une histoire plus contemporaine.
« Après la mort des deux frères dans les années 1930 » expliquent les deux commissaires
d’exposition, « la culture argarique est tombée dans un curieux oubli et leurs collections ont connu un destin mouvementé. C’est au comte et mécène Louis Cavens que nous devons aujourd’hui d’en conserver près de 5000 pièces en Belgique, aux Musées royaux d’Art et d’Histoire donc.»

Un léger regain d’intérêt est survenu dans les années 1970 et, depuis les années 2000, les
projets archéologiques se sont multipliés pour répondre aux nombreux questionnements que cette culture captivante soulève.

Avec cette exposition inédite, le Préhistomuseum donne ainsi un coup de projecteur sur cette civilisation tombée injustement dans les oubliettes de l’histoire.

Informations pratiques :
Du 25 octobre 2019 au 19 avril 2020, de 10 à 18h (17h en heures d’hiver)
Tarifs : 7€/adulte , 5€/enfant (en dessous de 12 ans)
Visite guidée en groupe avec un archéologue médiateur (7 €/ pers. + 60€/ groupe)

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