Le tourisme wallon vu par son ministre

Le ministre René Collin s’est rendu la semaine dernière au Parc Aventure de Wavre, pour faire un petit tour d’horizon du tourisme wallon. Pagtour n’y était pas invité, ignoré comme d’habitude,  pourtant nous avons pu nous y glisser subrepticement, et par le plus grand des hasards !

Un ministre qui connaît le secteur

Rien de très nouveau dans le discours du ministre, qui s’affiche pourtant comme le meilleur que la Wallonie ait eu depuis de très longues années, puisqu’il connaît son sujet ! Il comprend aussi très bien que les emplois du tourisme ne sont pas délocalisables, et que c’est donc une opportunité pour la région : 60.000 emplois sont concernés par le tourisme, représentant 6% du PIB wallon : c’est loin d’être négligeable.

La qualité avant tout

Le ministre insiste fort sur l’aspect qualitatif, et il s’appuie pour cela sur les labels qui ont été mis en place : label Wallonie Destination Qualité, label Soleils destiné aux attractions, et label Bienvenue vélo, puisque 2016 était l’année du vélo dans notre région.

Le ministre annonce d’ailleurs que 2017 mettra l’accent sur la Wallonie Gourmande : cela pourrait ressembler à du réchauffé après les Produits de Terroir, mais il faut savoir que le « bien manger » wallon est cité en 2e lieu après les beautés naturelles comme point d’attractivité de la région.

Les Wallons sont d’importants clients pour la Wallonie !

D’autres chiffres intéressants : les Flamands représentent toujours la clientèle N° 1 en Wallonie, avec 2,5 millions de nuitées, suivis par les Néerlandais : 1,3 millions, et par les Wallons eux-mêmes avec 1,07 millions de nuitées ! Cela mettra de l’eau au moulin de ceux qui trouvent ridicule le fait que WBT ne puisse statutairement pas faire de la promotion dans sa propre région. Voilà un modèle marketing complétement dépassé, auquel le ministre précédent avait promis de s’attaquer, mais… on n’a rien vu venir.

La question qui fait débat…

Autre point important du discours du ministre : les Maisons du tourisme. Il en existe 42 en Wallonie, et le ministre se fait pressant pour réduire leur nombre à une petite trentaine au maximum.

Cela pose problème en Brabant Wallon, entre autres. Si en province de Luxembourg, il existe par exemple une Maison du Tourisme pour 2 communes seulement, en Brabant Wallon ce n’est jamais le cas. L’échevin du Tourisme de Waterloo, Yves Vander Cruysen,  a donc proposé un plan alternatif, qui tient compte des spécificités territoriales, et qui se place du point de vue du client et non de celui de l’Administration. N’est-ce pas l’abc du « Customer Relationship Management » ?

La notion de « Petits Pays » au centre de l’intérêt des clients

On n’a pas fini d’en entendre parler, en tout cas. Waterloo sous la même coupole que Tubize et Nivelles, est-ce que ça a beaucoup de sens ? Et de Saintes à Hélécine, par la route, il n’y a pas loin de 100 km, et une grosse transition entre le Hainaut et le pays de Liège. Ce à quoi le client se repère, c’est ce que les Français nomment fort à propos « Les Petits Pays », et que les Maisons du Tourisme recouvrent assez bien. Changeons alors là où c’est nécessaire, en établissant une carte qui recouvre le territoire des ces « petits pays » : les clients s’y retrouveront bien mieux.

Keen Biesti-Sylla

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