Le tourisme, c’est du sérieux

Il ne faut jamais se moquer des touristes, qu’ils aillent très loin ou qu’ils restent tout près de chez eux. Par les temps qui courent, les voyageurs sont dans une incertitude insupportable. On va encore nous dire que les touristes sont des gens qui ont les moyens, sinon ils ne partiraient pas, et qu’ils n’ont qu’à rester chez eux. C’est une méconnaissance navrante du monde du voyage.

Surtout en cette période de fêtes qui approchent, il y a des millions de gens dans le monde qui projettent de se réunir en famille. Il y a des milliers de personnes qui ont un proche à voir pour des raisons médicales. Il y a des dizaines de milliers d’étudiants qui veulent rentrer chez eux après un semestre d’études à l’étranger.

Il y a encore des millions d’hommes et femmes d’affaires qui parcourent le monde pour faire tourner l’économie, des scientifiques qui se rencontrent lors de congrès pour faire avancer les progrès de la médecine, par exemple. Et puis, oui, il y a aussi des millions de personnes qui voudraient prendre des jours de congés ; et parmi elles il y a des nantis qui partent pour la deuxième ou la troisième fois de l’année en voyage.

Mais il y a aussi ceux dont la profession ne leur permet pas de voyager en été, parce que justement ils travaillent dans le secteur du tourisme, et c’est le cas dans d’autres secteurs aussi.

Ceux-là méritent leurs vacances, et ils ont le droit de préférer le soleil en hiver, le droit de ne pas posséder une caravane ou un mobile-home pour se rendre dans une destination proche.

Et puis il y a aussi les touristes de proximité, et ils ne sont pas toujours mieux traités, par incurie, par crainte des règlements Covid, etc. Nous en avons fait l’expérience vendredi dernier, sur le marché de Noël de Namur. Sur internet et dans la presse, il devait ouvrir à 11h. Nous nous y sommes rendus à 12h15, et 75% des chalets étaient ouverts, prêts à contenter le client.

Et puis voilà que dix minutes plus tard, un monsieur (très courtois, par ailleurs) nous demande aimablement de quitter le marché, parce qu’il n’ouvre qu’à 18h. Nous tentons de négocier: sur internet, l’heure prévue est bien 11h, et nous venons de loin… Rien n’y fait. Venir de loin (tout est relatif, 1 heure de route) n’est pas un argument. Tant pis pour vous, vous avez mal choisi votre jour.

Ce n’est pas admissible. L’argument de l’«organisateur» était la criante de la police qui risquait de fermer le marché dans l’attente des toutes dernières décisions du gouvernement fédéral sur l’ouverture des événements publics. Mais tant que la décision n’était pas tombée, l’organisateur n’était en rien tenu par une obligation éventuelle ! Mauvaise image pour la ville. On croit toujours que les personnes présentes sur un événement viennent des environs immédiats, mais ce n’est pas le cas.

Le touriste doit être respecté, parce qu’il a ses raisons, lesquelles sont certainement aussi bonnes que celles des non-touristes, des jaloux, des ignares, des négatifs de tout poil.

Personne ne peut s’attribuer la vérité, la vie en société est un compromis qui demande le respect de tous.

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