Mahinda Rajapaksa, l’ancien président déchu avait un rêve : construire de grandes infrastructures dans sa province. Mais le pays a dû emprunter des sommes énormes… impossibles à rembourser. Il fallait trouver des solutions. L’Inde et la Chine commencent à croquer le pays.

Les rêves d’un président sans argent

Mahinda Rajapaksa, président du Sri Lanka jusqu’en 2015 voulait transformer sa propre circonscription endormie en un nouveau carrefour aéroportuaire et maritime d’envergure mondiale. Il s’était rendu en Chine pour financer et construire ses projets surdimensionnés.

Bien que les termes commerciaux soient opaques, les projets ont probablement coûté plus de 1,5 milliard de dollars au total, en grande partie avec des prêts à taux relativement élevés.

Le Sri Lanka s’est retrouvé avec un aéroport quasi inutilisé et un port en eau profonde. Le pays a trouvé sa source de financement auprès de deux puissances peu amicales.

Cession du port d’Hambantota pour 99 ans

La prise de contrôle du port de Hambantota par la Chine ne fait pas plaisir à l’Inde voisine. Hambantota fera un bon point logistique et stratégique pour le secteur maritime chinois. Colombo a affirmé à plusieurs reprises qu’aucune installation militaire navale ne sera autorisée au Sri Lanka.

New Delhi craint cependant que l’influence de la Chine devienne si forte que le gouvernement sri-lankais ne pourra tout simplement pas dire non. Les chinois devraient investir 600 millions de dollars supplémentaires pour rendre le port d’Hambantota opérationnel et 1,12 milliard de dollars US pour le remboursement de la dette.

Le deuxième aéroport du Sri Lanka passe dans les mains des indiens

L’aéroport international Mattala Rajapaksa de Hambantota est également pratiquement inutilisé depuis son inauguration. L’aéroport emploie du monde alors qu’il y a à peine un vol par jour. Certains des hangars construits sont même loués aux habitants pour stocker le riz.

L’Inde propose de dépenser environ 300 millions de dollars pour racheter la dette du Sri Lanka à la Chine en échange d’un bail de 40 ans sur cet aéroport.

On ne sait pas encore ce que veulent faire les indiens avec cet aéroport inutile … aujourd’hui ! Le contrôle de l’aéroport d’Hambantota donnera peut-être à l’Inde un contrôle considérable sur la façon dont le port est utilisé. Il est clair que les deux puissances vont se surveiller.

Ce grand gâchis qui aura profité aux proches de l’ex président

Lorsque les factures sont arrivées à échéance, le nouveau gouvernement n’a pas pu les rembourser. Hambantota est le parfait exemple de ce qui peut arriver lorsqu’un leader autoritaire, non soumis aux équilibres démocratiques habituels courtise des entreprises chinoises qui, elles, ont des objectifs à long-terme pas forcément en faveur du pays.

Ces cessions se rajoutent à la vente quasi impossible de SriLankan Airlines. La famille de l’ex président aurait été récompensée largement pour l’achats d’avions Airbus dont la compagnie n’avait pas besoin. Bien entendu, tous ces gens sont à l’abris et ne risquent pas grand-chose !

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