Le Réceptif bruxellois est déjà mort…

Cimetière du Père Lachaise à Paris © Hervé Ducruet

Et la Résurrection, cela n’existe pas ! Bien sûr il y a la crise sanitaire, laquelle est directement responsable de la fermeture des hôtels, des restaurants, des musées et des événements… Les voyages sont fortement déconseillés, et au final plus personne ne vient à Bruxelles, même pas les Belges.

Entendons-nous bien : le tourisme reviendra, plus ou moins.

Quand les étrangers en voiture se seront fait prendre 3 ou 4 fois à plus de 30 km/h, on ne les reverra plus, et le bouche à oreille fonctionnera. Il restera quelques City Breaks. Mais ne soyons pas naïfs : le réceptif à Bruxelles, c’est avant tout le MICE, à plus de 80% !

© bruxelles.be

Et le MICE à Bruxelles, ce ne sont pas les quelques incentives, les quelques team-buildings, ce sont les grandes foires et salons, les grands événements, ce sont surtout les centaines, les milliers de réunions liées de près ou de loin à la présence des Institutions européennes.

C’est ici que la situation devient grave !

On sait de source sûre que de très nombreuses réunions, interdites ou jugées « impossibles » à Bruxelles sont d’ores et déjà reprogrammées dans d’autres pays européens. Il se dit en coulisse que « trop c’est trop », et l’on commence à parler d’un lent déménagement de l’Europe.

De nombreux pays, régions, villes, n’attendent que cela, ils sont à l’affût du pactole. Et les eurocrates commencent à en avoir marre de la gestion de la ville.

Et que fait-on pour retenir la poule aux œufs d’or ?

Rien ! Au contraire, on la dégoûte. La limite à 30km/h est le coup de grâce. Cette limite aurait été parfaitement acceptable, voire même souhaitable, dans le cœur historique de la ville, c’est-à-dire à l’intérieur de ce qu’on appelle le Pentagone, entre les anciens remparts de la ville.

Les rues sont étroites et elles étaient naguère bondées, pas de souci d’y interdire la circulation automobile, sauf sans doute pour les livraisons des restaurants, quelques heures par jour, tôt le matin.

Vers une ville morte

Mais paralyser une ville d’1 million d’habitants pour y faire place aux vélos et aux piétons, c’est une décision qui se paiera très cher pour la ville. Bien sûr, on aura une ville dite « apaisée », c’est-à-dire sans mouvement, sans visiteurs, sans acheteurs hormis la population qui ne suffira pas à faire survivre le commerce local.

On oublie que tous les jours, en temps normal, ce sont 300.000 navetteurs qui viennent travailler à Bruxelles, et y dépenser de l’argent en repas, en boisson, en journaux…

On oublie que nos 15.000 chambres d’hôtels occupées à plus de 80% en moyenne, cela fait près de 20.000 personnes qui, tous les jours, mangent et boivent aussi, utilisent nos taxis et transports en commun, achètent des souvenirs et des chocolats, apportant une moyenne de 400 € par personne et par jour de « valeur ajoutée ».

On oublie que les dizaines de milliers de visiteurs à nos grands événements et dans nos musées laissent tous quelque argent à Bruxelles.

Bruxelles comme Gand ? C’est à mourir de rire !

Oui, la ville sera apaisée sans voitures, sans commerces, sans vie. Alors on va me jeter à la figure des exemples qui ne tiennent pas la route ! On me cite l’exemple de Gand : une ville moitié plus petite que Bruxelles, et dont seul le centre historique est devenu piétonnier, pas le reste !

On me cite des villes à l’étranger : je les connais toutes, j’ai passé ma vie à voyager : pas une n’a pris les mêmes mesures intégristes qu’à Bruxelles !

Il y a bien sûr Amsterdam, une ville toute plate, et dans laquelle la culture du vélo est quasi séculaire ! Et ce ne sont pas nos talibans cyclistes qui y roulent, mais des gens habitués et disciplinés.

On voudrait comparer le Bois de la Cambre, seule liaison entre Bruxelles et sa grande banlieue sud, avec Central Park à New York ! Mais que ceux qui n’y sont jamais allés arrêtent de dire des inepties : il y a 12 rues parallèles à Central Park pour relier le Nord de la ville au centre et au sud.

Il faut bien commencer un jour, me dira-t-on…

Oui, mais pas en prenant le problème à l’envers ! Il fallait commencer par réaliser le RER, attendu depuis 25 ans. Il fallait adapter le réseau et la signalisation de manière réfléchie et pas dans l’anarchie actuelle.

Il fallait développer les transports en commun, les rendre fiables et confortables, bien organisés comme à Bâle, par exemple. Il fallait penser aux habitants mêmes qui ont besoin d’une voiture, et donc aussi de pouvoir la garer quelque part.

Il fallait pour cela une seule autorité régionale et pas 19 communes qui n‘ont en tête que leur petit électorat à satisfaire.

Bruxelles est la capitale de la Belgique et doit rester vivante et accessible pour tous les citoyens du pays. Mais c’est d’ores et déjà du «wishfull thinking» : cela ne reviendra pas !

On parie ?

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