L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) aurait émis l’idée de rendre le pourboire obligatoire dans les cafés et restaurants en France. Cette organisation devrait se préoccuper plutôt de la qualité du service et de la nourriture servies qui souvent laisse à désirer. Nous livrerons quelques-unes des opinions de Mark Watkins qui est un spécialiste incontesté dans le monde de l’hôtellerie en France.

Un prétexte peu convainquant

Selon une étude réalisée par l’agence de voyages Directours, 96% des Français déclarent que le pourboire est un réflexe en vacances. Toutefois, les pourboires semblent de plus en plus maigres dans les cafés et des restaurants français.

C’est ce qui inquiéterait l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih). Pour légitimer sa démarche, sans plus d’arguments que ça, l’UMIH prend exemple sur ce qui se passe dans d’autres pays (Grande-Bretagne, Autriche, Etats-Unis, etc.), où l’on ajoute un pourcentage à la note.

Mark-WatkinsQuelle est la raison de la baisse des pourboires ?

Mark Watkins répond sur le sujet : « Il est avancé — un peu trop facilement — que la généralisation des paiements par carte bancaire tuerait le pourboire. En quoi le public devrait-il en être responsable ? Et, cela n’a jamais empêché un client d’ajouter un supplément au montant de l’addition au moment de la régler ou encore de déposer une pièce dans la coupelle. Nous avons encore tous un peu de monnaie dans nos poches. On parle aussi de la baisse de la qualité du service pour justifier de la fonte des pourboires. Ce n’est pourtant pas une information de première fraîcheur. En réalité, l’érosion des pourboires a commencé lors du passage à l’euro, ce qui avait été très bien observé par différents instituts d’observation économique qui ont pignon sur rue. L’euro a marqué un grand tournant dans la consommation. »

Pourquoi les cafés-restaurants et pas les coiffeurs ou les taxis ?

Les modes de vie ont profondément évolué. Les plus jeunes ne sont pas habitués à laisser un pourboire surtout que de nombreux établissement ajoutent déjà sur la note des frais de service. Mark Watkins rajoute sur ce point : « il n’y a pas que les serveurs qui voient la piécette laissée par leurs clients se raréfier. C’est un phénomène courant qui se retrouve également chez les coiffeurs, les taxis, les ouvreuses de salles de spectacles, les livreurs, selon l’Insee. Va-t-on légiférer pour eux aussi ? Et puis, on peut se demander pourquoi certaines professions seulement sont concernées par cet extra. Pourquoi ne laisserait-on pas un « tip » aux vendeurs compétents dans les magasins, au dentiste sympathique ou encore au plombier efficace (et honnête) ? »

pourboiresok-540x303L’organisation professionnelle dément …

Au fil des interviews et des articles de presse, divers responsables de l’UMIH ont très vite entrepris un rétropédalage en règle devant la levée de boucliers que suscite cette initiative.

L’organisation professionnelle indique avoir effleuré le sujet dans une réunion mais en aucun cas il ne s’agirait d’une demande officielle. On reste un peu sur notre faim….

Des syndicats professionnels pas à la hauteur

Mark Watkins ajoute avec raison « Cette nouvelle annonce sur le pourboire, à rendre obligatoire, n’est qu’un énième faux pas d’un syndicat de restaurateurs. La branche ne lui dira pas merci. Les professionnels attendent plutôt de leurs organisations patronales :

qu’elles travaillent à réduire les charges trop lourdes des prélèvements obligatoires, plutôt que de vouloir que les concurrents aient les mêmes,

qu’elles œuvrent pour donner l’envie au public de fréquenter plus et mieux les hôtels, les restaurants, les cafés, comme le syndicat de l’hôtellerie de plein air est parvenu à le faire pour les campings,

qu’elles agissent pour voir le secteur se doter d’une bonne image et le valoriser, plutôt que de jouer sans cesse au « va-t-en-guerre » et à la victime, laissant les consommateurs pour quantité négligeable. »

Fait maisonLes restaurateurs ont réellement une mauvaise image

Il y a quelques années, il a été instauré un label pour définir un restaurant qui vous propose des plats « Faits Maison ». Il faut savoir que 75% des restaurants en France vous propose des plats industriels.

Le restaurant n’a qu’à faire chauffer. Le label « Fait Maison » devait permettre d’être sûr que le restaurant allait faire une vraie cuisine.

Ce n’est pas pour demain car les industries agroalimentaires ont fait ajouter des plats industriels autorisés pour la label « Fait Maison ». Et pour le service, beaucoup de restaurants vous ajouteront déjà un pourcentage même si le service laisse à désirer.

Avant d’évoquer ces fameux pourboires, que les organisations professionnelles s’attachent à inciter leurs adhérents à fournir un service de qualité et une nourriture saine. On verra après !

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY