Le piétonnier bruxellois, c’est « voyage au bout de la nuit »

Ce midi, on avait rendez-vous sur le piétonnier bruxellois avec un copain qui n’est pas encore un ami. L’occasion de faire les quatre cents pas devant le Kabuki (1) et d’observer la rue imposée aux piétons dans leur centre ville.

Pour une surprise, c’en fut une. A travers le crachin, c’était tellement étonnant ce qu’on découvrait soudain que nous nous refusâmes d’abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout bruxellois qu’on était, on s’est mis à bien totteler, en voyant notre ville, détruite devant nous….

Figurez-vous qu’elle était méconnaissable cette ville, absolument méconnaissable. Bruxelles, c’est une ville sale. On en a avait déjà vu des villes bien sûr, et des laides encore, et des capitales et des hideuses mêmes. Mais celles-là, elles ont toujours été comme ça, elles sont nées comme ça, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles n’en peuvent rien, c’est leur destin, tandis que celle-là, la bruxelloise, elle ne se pâmait pas, IMG_1963non, elle montrait son plus mauvais côté aux touristes, pas baisante du tout, sale à faire peur.

On en a donc pleuré comme des madeleines. Ca fait drôle forcément, une ville transformée en laideur.

Mais on en pouvait pleurer nous du spectacle qu’en se bouchant le nez, à cause des odeurs d’urine qui venaient de tout près pendant ce temps-là à travers une grosse fumée de cannabis ou d’héroïne et prégnante et piquante à l’assaut de nos pantalons et des crevasses de cette muraille, les rues désertes de la ville, où cette cours des miracles s’engouffrait pour y dormir sur le sol la nuit tombée.

« … cacas, tessons de bouteille d’une kyrielle de bakskes et alcools vomis ça et là »

A cause du piétonnier construit en dépit du bon sens, notre voiture avançait pas à pas, cherchant une place improbable où se garer, comme pour mieux voir tous ces cacas, ces tessons de bouteille d’une kyrielle de bakskes et des alcools vomis ça et là par des sdf et des soiffards.

IMG_1968Pour un bruxellois, il n’est jamais bien commode de voir comment son centre ville était devenu, mais pour les commerçants, c’est encore bien pire, surtout que les gens d’Amérique nous apportaient du pognon et parce qu’aussi tous les euros d’Europe, ça faisait de fameuses rentrées.

J’aurais peut-être pu essayer, comme d’autres l’avaient déjà réussi, de traverser le centre ville en regardant en l’air et crier : « Vive le Bourgmestre Mayeur ! Dans quelques années vous verrez qu’il avait raison » !

C’est un truc. Y’a bien des gens qui disent des choses qui ne correspondent pas à la réalité et qui après ça ont fait des fortunes. C’est pas sûr, ça se raconte seulement. Il en arrive dans les rêves et des bien pires encore. Moi j’avais une autre combinaison en tête, en même temps que la fièvre.

(Avec Céline)

(1) Le Kabuki : le restaurant japonais du centre ville. Accueil impeccable, service parfait et buffet intéressant. Suivi d’un excellent café, en face, au Carica. Deux adresses à conseiller à ceux qui sont obligés de se rendre dans le centre.

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Commentaires

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1 COMMENT

  1. C’est marrant mais bien que je descende dans le centre 1 à 2 fois par semaine je n’y ai jamais rencontré votre vérité.

    Pas parfait cela est sur.

    Mais pas aussi dégueulasse que vous le décrivez ni si vide.

    Et ce le piétonnier qui abrutis les gens ou leurs éducations ?

    L’odeur d’essence et le vacarme des voitures rendrait le centre ville plus propre ?

    Je ne mf rappelle pas que Bruxelles était plus propre ou sécurisé avant !

    J’aile ce piétonnier et souhaite qu’il vive.

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