Le patrimoine immatériel de l’Unesco, toujours plus riche

Les « électeurs » de l’Unesco ont été particulièrement actifs lors de leur 14ème session qui s’est tenue à Bogota, du 9 au 14 décembre avec, et c’est heureux, le retrait du carnaval d’Alost et de ses honteuses caricatures antisémites du « patrimoine immatériel » de l’humanité, mais aussi l’inscription à ce même patrimoine d’une nouvelle série de traditions.

Ainsi : le tir à l’arc traditionnel turc, le massage traditionnel thaïlandais (si!), la transhumance alpine, la harpe irlandaise, la fête italienne du Grand Pardon, l’épiphanie éthiopienne, l’écriture arménienne ou la fabrication des tapis au Turkménistan, notamment, mais aussi le chant byzantin, l’Ommegang à Bruxelles, l’alpinisme et la musique gnaoua.

Résultat de recherche d'images pour "musique gnaoua"Pour ce qui est de cette dernière, il faut rappeler que cette tradition, perpétuée par les descendants d’anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne, remonte au moins au XVIe siècle.

Associant rituels africains et culte des saints vénérés par les populations locales, l’art gnaoua se rapporte à un « ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique où le profane se mêle au sacré », selon le dossier présenté par le Maroc.

Pratiques africaines et berbères

Les musiciens pratiquent un « rituel de possession thérapeutique sous forme d’une veillée de rythmes et de transe où se mêlent des pratiques africaines ancestrales, des influences arabo-musulmanes et des manifestations culturelles berbères autochtones ». Il faut y ajouter l’apport du jazz, avec lequel la filiation africaine a favorisé la fusion, mais aussi le flamenco, le reggae ou encore la salsa.

Remparts d’Essaouira © Hervé Ducruet

Et aussi, pourquoi pas ? du rock et de la pop music : Essaouira, accrochée à une presqu’île rocheuse au bord de l’Atlantique, dans le sud du Maroc, a séduit quelques grands musiciens de l’époque « hippie », comme Jimmy Hendricks ou Mick Jagger, qui avaient coutume d’y installer leurs quartiers d’hiver. Leur musique a, tout naturellement, inspiré aussi les musiciens marocains.

Créé en 1997, un « festival gnaoua » s’y tient désormais chaque année. Le rendez-vous attire entre 300.000 et 400.000 spectateurs dans l’ancienne Mogador, célébrée pour ses ruelles étroites, son port de pêche et ses façades blanches et bleues.

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