Le nouvel ambassadeur de France
à Tunis: ça commence fort!

Le frère de PPDA, le nouvel ambassadeur de France en Tunisie qui doit prendre ses fonctions aujourd’hui, a déjà réussi à se faire remarquer. Et pas de la manière la plus « diplomatiquement correcte » …

N’a-t-il pas déclaré sur les ondes de RTL que sa principale mission serait « d’assurer la sécurité des Français, qu’il faut pouvoir protéger, notamment dans des pays comme la Tunisie dont on sait qu’ils sont fournisseurs de djihadistes » ?

Les Tunisiens apprécient…

Réduire la Tunisie à une fabrique de criminels, c’est ce qui s’appelle bien commencer son nouveau job. Autant dire que les Tunisiens ont apprécié : la diplomatie française perd de son envergure, écrit Actualités Tunisie, repris par Highlights et Al Huffington Post Maghreb, qui se demandent si Olivier Poivre n’aurait pas oublié que les Français ont couru trois fois plus le danger terroriste en France qu’en Tunisie, en 2016 ?

Voilà ce qui arrive quand on bombarde « ambassadeur » quelqu’un qui n’a manifestement aucune notion de la diplomatie. Un ambassadeur qui ne risque pas de décrocher le prix d’Excellence…

Vieille tradition française…

Car Olivier Poivre d’Arvor est avant tout écrivain, auteur de nombreux ouvrages, dont certains avec son frère, le journaliste Patrick Poivre d’Arvor. Or, c’est une vieille tradition française que de récompenser un écrivain par une ambassade : Chateaubriand, nommé en 1803 par Bonaparte à Rome, Stendhal, consul à Trieste puis à Civitavecchia en 1830.

Plus récemment, Jean Giraudoux, Saint-John Perse, Romain Gary et Roger Peyrefitte, sans oublier Paul Claudel, qui fut en poste aux États-Unis, en Allemagne, au Brésil, au Danemark, en Chine, où il restera dix ans, et en Belgique.

De la culture à la marine

Avec ou sans son frère Patrick, sans lequel il serait sans doute moins connu du grand public, malgré un prix Renaudot des lycéens en 2008, Olivier Poivre d’Arvor n’est tout de même pas Stendhal…

Il a aussi dirigé France Culture durant six ans, présidé le Musée national de la Marine et était jusqu’ici « ambassadeur chargé de l’attractivité culturelle » — ça ne s’invente pas ! — avant de se voir confier une « vraie » charge à Tunis avec la succession de François Gouyette, nommé à Ryad. (Arabie Saoudite – ndlr)

Tout s’explique

En 2011, Olivier Poivre d’Arvor avait soutenu Martine Aubry aux primaires du Parti socialiste, puis François Hollande, dès avant les élections présidentielles. Ce sont là ses principaux faits de gloire qui lui valent aujourd’hui cette « petite attention » de l’Élysée, en récompense des services rendus. Au cas où son locataire ne serait plus le même l’année prochaine, sans doute.

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