Le Nouveau Tourisme (1e partie)

Denis Erroyaux - Butgenbach - Vennbahn - RAVe

Dans la large gamme des produits touristiques contemporains, quels sont ceux qu’une AGV pourrait offrir à une nouvelle clientèle ? Faisons le tour de la question, et voyons ce qu’il reste comme espoir…

Pas facile de s’y retrouver dans les tendances du Nouveau Tourisme. Aussi, essayons de définir les contenus cachés derrière des appellations qui, il faut bien l’avouer, prennent le plus souvent des airs bobo.

Influenceurs influencés

Une première catégorie de « nouveaux touristes » sont les « chercheurs de capital social ». Ces voyageurs s’intéressent peu ou prou à la destination à découvrir pour leur plaisir personnel : la seule chose qui compte pour eux, c’est leur potentielle audience sur les réseaux sociaux.

Ils choisissent les destinations en fonction des avis sur ces réseaux, qu’ils ne manquent surtout pas de compléter avec leur propre expérience, et surtout avec les photos (d’eux-mêmes le plus souvent) dans des lieux ou des postures les plus « funny ». C’est ainsi que de futures stars des réseaux se sont parfois retrouvées au fond d’un ravin, carrière d’influenceur abrégée.

Partir à plusieurs familles

Les co-vacances ne sont pas vraiment ce que l’on croit ; il ne s’agit pas d’aller en vacances chez des particuliers, mais plutôt de partir avec des amis et de partager un logement avec deux, trois, quatre autres familles, dans de très grandes maisons dont le prix ne serait jamais accessible à une seule famille.

Il vaut mieux non seulement bien se connaître, mais surtout avoir des biorythmes les plus semblables possibles. Les lève-tôt et les lève-tard risquent fort de ne pas s’entendre. Il faut aussi idéalement que les enfants trouvent leur alter-ego en âge dans les autres familles. Bref, pas facile… Mais l’AGV peut avoir un rôle dans la location et le trajet.

Dark tourism et tourisme de mémoire

Le « dark tourism » n’a pas bonne réputation, et c’est compréhensible. Aller se repaître du malheur des autres est malsain et relève du voyeurisme. Cependant, il ne faut pas confondre dark-tourism et tourisme de mémoire ! Il est important, notamment pour les jeunes, de se rendre compte de ce que furent par exemples les « camps de la mort » comme Auschwitz, ou même les camps de concentration comme celui de Breendonk.

Il est important d’aller voir le désastre de Tchernobyl pour faire comprendre les limites de l’homme quand il joue avec le feu. Ici aussi, l’AGV a un rôle à jouer. Ces lieux ne sont pas souvent proposés dans les brochures des TO, mais des DMC locaux sont tout à fait capables d’organiser un séjour avec les entrées et des guides compétents inclus.

Près de chez soi

Les destinations locales sont de retour ! On ne peut pas dire qu’il s’agisse réellement d’un choix du cœur, c’est plutôt une alternative « obligée » quand les frontières sont fermées. Mais après coup, quand on lit les commentaires des vacanciers qui sont restés au pays, on est plutôt content de voir leur niveau de satisfaction, parfois même d’étonnement devant des trésors qui se trouvent depuis toujours à moins de 200 km de chez soi.

Si les AGV ne s’y retrouvent pas toujours, ce n’est pas le cas de offices de tourisme locaux, qui sont fiers de présenter les richesses d’une petite région. Et elles ne manquent pas ! C’est le mérite de Visit Wallonia de l’avoir compris dès le début de cette pandémie.

(suite au prochain numéro)

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