Le musée de la franc-maçonnerie de Bruxelles

L’année passée, nous avions consacré un article au 79 Rue de Laeken : le siège de quelques loges du Grand Orient belge et d’autres loges maçonniques. L’occasion nous avait été donnée de déconstruire les légendes tenaces qui habitent erronément Bruxelles et ses symboles fraternels. Ce mercredi, nous nous sommes rendus au musée belge de la franc-maçonnerie. Visite d’un espace muséal hors norme en compagnie de Laetitia Carlier, son intarissable conservatrice.

Un lieu ouvert au public depuis 2011

Depuis 5 ans, les pièces du petit musée d’antan ont pris place dans un espace voisin, situé au numéro 73 de la rue, et propriété du Grand Orient de Belgique. L’édifice, œuvre de l’architecte Dewez, a été correctement restauré. C’est à lui que nous devons les châteaux de Seneffe et d’Hélécine. Les volumes ont été conservés et la partie non classée a été pensée sous l’angle de la scénographie. Tel un passage initiatique et sous une voûte étoilée, le visiteur a les sens mis en éveil par les 4 éléments. Une musique plane dans la pièce et les œuvres s’illuminent.

Chaque année, quelques 3.600 personnes franchissent les portes du bâtiment pour y découvrir les 6 pièces consacrées à l’exposition. Des groupes d’élèves, des personnes âgées et des touristes. «Le lieu est décentré de la Grand Place. Les travaux réalisés pour le piétonnier nous rendent difficiles d’accès» nous fait remarquer la gérante des lieux. Et cette dernière de nous préciser que : « Les attentats ont fait fuir les touristes américains et français, nombreux jusqu’alors ».

Des audio guides et une vingtaine de guides bénévoles accueillent les visiteurs « dans un concept muséal visant la démystification et l’extériorisation de la franc-maçonnerie » nous informe notre guide. Une visite de 2 heures qui peut s’accompagner de la découverte d’un temple dans le bâtiment voisin et d’une journée maçonnique dans la capitale de l’Europe. Composé du fonds du Grand Orient de Belgique, le musée est riche de dépôts et d’achats.

Des œuvres belges

Dans ce long couloir nous menant de l’occident à l’orient, le visiteur profane est impressionné par des artéfacts, jusqu’alors inconnus. « La maçonnerie n’est pas possible sans l’utilisation des symboles » nous souffle notre hôte en nous informant que « les frères sont invités à laisser leurs métaux à la porte du temple ». Au fur et à mesure de la visite, des objets choisis mettent la lumière sur un univers fait de symboles et de respect. Les phrases prononcées juste avant voient se dissiper les nuages d’incompréhension qui planaient jusqu’alors. Des images de ruches ou issues du proche Orient se superposent ; des symboles christiques, ésotériques, judaïques et alchimiques mènent vers une salle où sont exposés des tapis de loge.

Véritable clou de l’exposition, ces tapis rituels parlent de rites oubliés. Ils sont issus de l’une des plus vieilles loges du pays, la Parfaite Union de Mons (*), instaurée en 1721. Des rites forestiers et d’autres qui restent à déchiffrer sont offerts aux visiteurs. Tels des cartes à jouer, ils illustrent les rites des « hauts » grades. Plus loin, ce sont des gravures. Plus loin encore des objets rituels. La seule explication du design des verres est à couper le souffle. Si une pièce est consacrée aux anti maçons et à leurs a priori bancals, une autre permet d’apprécier de superbes tabliers et sautoirs d’époque. Quelques frères célèbres, tels Verhaeren, y ont leur huile.

Véritable petit bijou, le lieu parle de Bruxelles. Installé à deux pas des tours du quartier d’affaire, le trottoir y est arpenté par de jeunes roumaines aux mini jupes trop rouges. Subissant le terrible piétonnier bruxellois, le quartier semble déserté. C’est confronté à cette triste réalité que nous avons subi ce choc incroyable : Celui de quitter une conversation passionnante pour une réalité toute autre. Une réalité que certains essayent d’améliorer dans des ateliers de l’Esprit. Ce musée nous le montre à merveille. En 2017, la franc-maçonnerie fêtera ses 300 ans d’existence. Une exposition consacrée aux femmes y prendra place. En Belgique, ces dernières peuvent y siéger depuis 1912.

Pour vos informations, veuillez adresser un email à info@mbfm.be ou téléphoner au 02/223-06-04.

(*) Une autre source nous fait savoir que la Bonne Amitié (loge namuroise) serait la plus ancienne du pays.

 

 

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