Le Massachusetts, berceau de l’Amérique (2/2)

S’offrir un instant de paix, les pieds dans le sable, le regard rivé sur le port de Chatham.

Les Etats-Unis ouvrent enfin leurs frontières aux voyageurs européens, et même si les conditions d’accès semblent encore drastiques, rien ne nous empêche d’élargir enfin notre horizon vers d’autres cieux. Le Massachusetts, un des plus petits Etats du pays, est à découvrir sur la Côte Est, dans la belle région de la Nouvelle Angleterre.

Toute l’histoire des Etats-Unis semble avoir déferlé sur les côtes du Massachusetts, dépositaire d’un inimaginable trésor de culture et de traditions. Fondé par les pionniers venus du Vieux Continent, le port de Boston respire une qualité de vie aux accents européens. L’arrière-pays, véritable paradis de collines verdoyantes, égrène des villages qui sont autant de lieux de mémoire vivante.

Une passerelle en bois mène à la pittoresque plage de Good Harbor à Gloucester.

Rêves de plages à Cape Cod

La passion presque fanatique pour leur histoire n’a toutefois jamais empêché les habitants du Massachusetts de profiter des plaisirs dorés que leur offrent leurs plages, particulièrement celles de la presqu’île de Cape Cod, cet étrange bout de terre en forme de bras replié que tous les Américains vénèrent, comme s’il s’agissait d’un mythe. Il est vrai que tout concourt pour susciter cette fascination à laquelle il est bien difficile de résister.

La plage de Mayo Beach est nichée dans le port de Wellfleet et offre une belle promenade les pieds dans l’eau, mais uniquement aux résidents…

Une route traverse l’étroite péninsule, d’un bout à l’autre, et pourtant, on ne voit pas l’étendue déserte de la mer, on entend à peine le roulement des vagues qui viennent lécher les plages sableuses. Mais tout parle d’elle. Les mouettes et les cormorans qui sillonnent le ciel d’azur, les bateaux retournés quille en l’air dans les jardins, une végétation rabougrie de résineux et de buissons sauvages et puis, partout, du sable, même sur la route où le vent dessine au gré de sa fantaisie de légers monticules vagabonds. Il faut quitter la voie principale à la recherche des paisibles petits ports pour découvrir, au-delà des cordons de dunes, l’immensité bleue de l’océan.

Le village de Chatham réunit une collection de belles demeures longées de sentiers, de parcs naturels et de jolies plages pour la plupart privées.

C’est ici que le légendaire clan Kennedy a établi ses quartiers, à Hyannis Port où le front de mer aligne d’immenses résidences blanches, bordées de plages dorées souvent inaccessibles. A l’écart de la route principale, le village de Chatham a su préserver l’atmosphère des petits ports de pêche de la Nouvelle Angleterre où chaque jour, les pêcheurs débarquent des nasses lourdes de homards, de langoustes et de crabes.

A la pointe nord du Cap, là où les vagues se brisent en éclaboussures d’écume le long des plages, la route s’achève à Provincetown, une minuscule bourgade insolite qui aligne ses maisonnettes de bois colorées, construites sur pilotis le long de la plage qui esquisse ici la forme d’un croissant.

Provincetown et son port ouvert sur l’océan avec un grande flotte d’embarcations permettant d’aller observer les baleines.

P-Town, comme l’appelle ses fans, se donne des allures de mondaine excentrique avec ses galeries d’art, ses bars branchés et ses restaurants chics. Festive comme nulle part ailleurs au Massachusetts, elle symbolise aussi la liberté de vivre et ce n’est pas pour rien qu’on y croise hédonistes de tout poil qui s’y affichent sans complexe.

L’enchantement des Berkshires

A trois heures à peine à l’ouest de Boston, au fin fond de l’état du Massachusetts, s’étire une région de collines douces et verdoyantes, les Berkshires Hills, qui sont à l’image du reste de l’État, une villégiature chic, culturelle et paisible. Lacs poissonneux, campagne ondulante, petites villes tracées sur le même modèle, avec des rues rectilignes, des églises au clocher blanc, des maisons de bois pimpantes, des jardins au gazon lisse à faire pâlir de jalousie un terrain de golf.

Le bureau de poste dans la Old Main Street du village de Deerfield.

D’industrie, on ne connaît pas ou si peu. La région, jouant à fond la carte de la nostalgie du bon vieux temps a tout misé sur le tourisme depuis ses origines à peu près. Chaque village veille à entretenir son patrimoine à tel point que l’on distingue à peine ce qui a été construit hier de ce qui date de deux siècles. Ponts couverts, cuisine locale savoureuse, hôtels de charme, tout se veut en accord parfait avec l’histoire et l’atmosphère des lieux.

On n’échappe pas non plus au General Store, cette épicerie qui date du temps des pionniers où l’on vend de tout, du bois, des clous, des bonbons, du café, des coussins, du miel et de plantureux sandwichs qui se dégustent sur les bancs de la véranda couverte.

Le vieux village de Sturbridge est un musée vivant qui raconte au fil de 59 chalets la vie rurale en Nouvelle Angleterre de 1790 à 1830, en animant entre autres une boulangerie avec son four à pain.

Havre de paix pour artistes en quête d’inspiration ou pour citadins en rupture de stress, les auberges offrent des chambres cossues, avec des lits recouverts de grosses couettes moelleuses au cœur d’un décor à l’ancienne avec une débauche de volants et de petites fleurs. Partout les bibelots et les photographies jaunies donnent l’impression d’être plutôt en visite chez une vieille tante de province.

Provincetown, à la pointe de la presqu’île de Cape Cod, un petit village reconnu pour son caractère ouvert et festif et pour accueillir les membres de la communauté LGBT.

Cette nostalgie des temps jadis est entretenue par des reconstitutions de hameaux dont la plus intéressante est celle du village shaker de Hancock, à Pittsfield. Une dizaine de bâtiments restaurés racontent deux siècles d’existence d’une communauté qui avait opté pour l’autarcie.

Pourtant galeries d’art et restaurants branchés prennent ici leurs quartiers d’été, quand les riches Newyorkais et Bostoniens investissent la région, attirés par son décor de cartes postales. L’été résonne de festivals de théâtre et de centaines de concert en plein air. A Williamstown, le musée Clark abrite pas moins d’une trentaine de Renoir et presqu’autant de Monet.

A North Adams, le Mass Moca, l’un des plus grands musées d’art contemporain du monde, s’est installé dans une usine textile désaffectée, permettant à cette cité quelque peu abandonnée de reprendre vie. Un foisonnement culturel conjugué à une impression d’intemporalité, tels sont les maîtres mots qui définissent ce coin de Nouvelle Angleterre.


Infos pratiques.

Y aller : Ne pas oublier de remplir le formulaire électronique ESTA au plus tard 72 heures avant le départ (http://esta.cbp.dhs.gov/esta). Il importe de vérifier également le dispositif d’accueil sanitaire au moment du départ.

Quand partir : L’été est la période la plus agréable. Eviter la « saison des boues » dite aussi la 5ème saison, de fin mars à avril, car les précipitations y sont importantes.

Office de tourisme : Toutes les informations peuvent se trouver sur les sites www.massvacation.com, Massachusetts: Six Regions from Ocean to Mountains (visittheusa.com) ou encore www.office-tourisme-usa.com

Littérature : Le Massachussetts a alimenté l’imagination de nombreux auteurs qui y sont nés. Les amateurs de littérature classique américaine noteront que la célèbre maison aux sept pignons de Salem a inspiré Nathaniel Hawthorne pour son roman éponyme. A la même époque, Herman Melville écrivit à Pittsfield, dans les Berkshires, son chef d’œuvre Moby Dick. La banlieue bostonienne de Concord a nourri plusieurs écrivains de renom, tels les philosophes Emerson et Thoreau et la romancière Louisa May Alcott dont Les quatre Filles du docteur March attendrissent encore les jeunes adolescentes actuelles. Enfin Edith Wharton, dont le roman Le Temps de l’Innocence emporta le prix Pulitzer, construisit à Lenox une somptueuse résidence d’été qui se laisse visiter et dont les couleurs blanches et les volets verts lui donnent une allure très Nouvelle-Angleterre.

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