Le forain de Lautrec

©Thierry Delgaudinne

Lautrec, dans un champ de quatre hectares, Sylvie montre le chemin à cinq autres personnes et soudain elle m’invite à se joindre à elles. Au milieu du champ, alors que je les ai rejointes, elle me glisse en plaisantant: « choisissez votre rangée ».

Les six personnes retirent la hampe florale autrement dit en langage familier de Lautrec « le fauriol » de l’ail. Sylvie affiche des pansements à chaque doigt pour ne pas être brûlée par le liquide que contient le fauriol.

Cela fait une quarantaine d’années que cette dame agit ainsi, depuis qu’elle a épousé Jean-Pierre de la ferme des « Genêts » :

«Nous cultivons quarante hectares , seul le dixième consacré à l’ail nous permet de payer les charges, mais ne vous trompez pas, avec l’ail le temps ne compte pas !» .

© ailrosedelautrec
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La légende

Apparut il y a environ 5.000 ans, l’ail est originaire d’Asie Centrale. Au cours des siècles, les populations nomades l’ont introduit sur le continent où il a été adopté . L’ail rose quant à lui, est apparu à Lautrec au Moyen Age pour ne jamais repartir.

«La légende raconte qu’un vagabond se procura l’hospitalité à Lautrec et que pour remercier ses hôtes il leur donna de l’ail qu’il avait dans sa poche, raconte Jean-Pierre. Depuis, l’ail n’a jamais plus quitté notre village. Il est reconnu pour ses remarquables qualités gustatives: sucré et subtil, son arôme n’agresse pas les papilles et lui permet de s’accorder harmonieusement avec tous les plats. Début juin arrive le moment du despeulinage. »

© ailrosedelautrec
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« Comme vous le voyez, le producteur coupe manuellement la hampe florale de chaque pied d’ail afin de favoriser le développement du bulbe. La récolte a lieu fin juin-début juillet, puis l’ail est mis à sécher pendant un minimum de quinze jours. Il doit perdre au moins vingt cinq % de son poids avant de pouvoir être commercialisé.» 

« Une fois sec, l’ail est déraciné et pelé manuellement. Il peut être pelé à la dernière peau, la couleur rose apparaît ou simplement blanchi. Seules les premières peaux sont enlevées.»

Une mauvaise idée

©Thierry Delgaudinne
©Thierry Delgaudinne

Il est tentant vu le prix proposé d’acheter quelques gousses de « forain ». Ce n’est peut-être pas une bonne idée vu l’odeur dont pourrait s’imprégner les habits qui vous suivent.

La meilleure chose c’est de se rendre le premier vendredi d’août à la fête de l’ail rose de Lautrec où tout finit par un grand repas de fabounades avant le grand bal populaire.

Recette de la soupe à l’ail rose de Lautrec:

Ingrédients : 3 litres d’eau

14 gousses d’ail

2 blancs d’œufs

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