Le « digital » s’invite à bord des avions

Les compagnies aériennes sont-elles en mesure de satisfaire les désirs numériques de la clientèle belge ? Récemment, Digimedia nous présentait les attentes du consommateur belge en termes d’expérience digitale dans un avion. Qu’en est-il actuellement ?

C’est aux Etats-Unis qu’on assiste à un réel développement : 73% des compagnies américaines ont déjà installé la connectivité sur tous leurs appareils — un accès à Internet sur un appareil personnel, comme au sol — alors que l’Europe reste un peu à la traîne. Il faut dire que les compagnies du vieux continent opèrent surtout des vols court et moyen-courrier, ce qui diminue l’opportunité d’un tel investissement.

Encore coûteux

Les solutions de « Wireless Inflight Entertainment » consistent à proposer du contenu (musique, films, jeux, journaux électroniques, flight plan, etc.) à bord au sein d’un réseau fermé, sans accès à internet. C’est, pour l’instant, l’offre la plus pertinente. Mais pour le monde du transport aérien, plutôt conservateur, l’installation d’un serveur émettant du contenu en Wi-Fi est encore coûteux et fastidieux.

Car, de manière générale, les compagnies aériennes n’envisagent pas de service téléphonique. Qui aurait envie, en effet, de passer tout son vol à côté de quelqu’un au téléphone ?

Digimedia nous glisse une idée intéressante : le passager télécharge du contenu de réalité virtuelle et commence dès l’avion à visiter la ville vers laquelle il vole, lui permettant de découvrir par exemple une partie du Louvre et d’acheter à l’avance ses tickets d’entrée. Ambitieux, mais pourquoi pas ?

Une offre adaptée et rentable

Première chose à retenir : les services de divertissement et de connectivité ont un très fort impact sur la satisfaction du passager, mais un impact très faible sur la non satisfaction. Ce n’est donc pas le besoin le plus important à combler, mais ça ne fait pas de mal. L’enquête établit que 80% des passagers se laisseront facilement tenter par ces services.

L’offre de contenu de type « Wireless Inflight Entertainment » semble la plus adaptée et rentable, d’autant que 80% se disent prêts à télécharger une application avant leur vol pour avoir accès aux services digitaux à bord. Attention cependant : près de 90% des sondés disent ne pas être prêts à dépenser plus pour accéder à des films et des séries. Si on leur parle de montants, 20% sont prêts à payer entre 1 et 4 euros, et 15% la somme de 5 euros. Pour le contenu de lecture digitale, 20% des voyageurs sont prêts à payer, mais pas plus de 3 euros.

Brussels Airlines prend le train en marche

Chez Brussels Airlines, on nous dit que le projet est à l’étude, en concertation avec leur partenaire Lufthansa. Aucune décision n’a encore été prise et plusieurs formules sont possibles, tant ce marché évolue rapidement. L’idée qui semble faire son chemin est celle du « Wireless Inflight Entertainment ». Mais il ne s’agit pas encore d’une décision définitive. Le fait d’inclure ce service dans le prix du billet ou de le facturer en supplément est aussi en discussion.

Par ailleurs, la compagnie a l’intention de renouveler ses appareils long courrier d’ici deux à trois ans. Se pose évidemment la question de la connectivité, qui constitue désormais une variable indéniable pour le confort des passagers. A terme, Brussels Airlines ambitionne l’accès à internet sur les vols long courrier. En effet, l’installation des tel systèmes est coûteuse, et lourde (au sens propre aussi pour l’appareil). Il faut donc s’assurer de son utilité sur les vols intra-européens. Pour les vols long courrier, cela peut valoir la peine. Beaucoup moins si le vol dure une heure, et d’autant moins si le Wi-Fi illimité est disponible au sol à l’aéroport, et ce jusqu’au dernier moment. Le passager a donc tout le loisir d’utiliser Internet en attendant son embarquement, le temps de charger ses mails par exemple, pour ensuite travailler hors ligne le temps du trajet jusqu’à l’atterrissage.

Internet en volEt les autres ?

Du côté d’Air France-KLM, la connectivité Wi-Fi est prévue sur toute la flotte d’ici à 2020 mais Internet est déjà déployé sur les longs courriers. La compagnie française a décidé de s’allier avec Orange pour proposer une connexion Internet et des contenus de divertissement en wifi. On a ainsi un catalogue de films pour le moins varié (en bon et moins bon), quelques séries et programmes TV, mais aussi une large offre pour les enfants afin de limiter les « c’est quand qu’on arrive ». Tout le monde devrait aussi trouver son compte en musique, qu’on pourra écouter en « feuilletant » Air France Magazine ou en rejouant à Tetris par exemple. Sans l’accès Internet, il faut compter 6 euros.

En plus de l’accès Internet, Air France propose six chaînes de télévision. Ces deux services sont rassemblés dans une formule connectivité facturée 5 euros par vol intérieur, 10 euros par vol européen, et 20 euros par vol long-courrier. Ces différentes formules ont été lancées sur deux A320 moyen-courrier et court-courrier le 12 janvier dernier.

Chez Air Europa, Internet est disponible sur tous les vols long courrier et un service streaming (offre de contenu) est disponible sur d’autres appareils en circuit fermé. Le wifi est disponible pour ses vols entre l’aéroport de Madrid-Barajas Adolfo Suarez et La Havane, Buenos Aires et Sao Paulo. Deux A330-200 et A330-300 sont équipés, et les 14 autres Airbus de la flotte sont censés en bénéficier d’ici la fin du mois.

Turkish Airlines dispose aussi d’une offre « Wireless Flight Entertainment » pour ses vols internationaux, sur les appareils B777, A330, B737-900, A340 et certains A321 et B737-800. Le contenu varie selon la ligne et le type d’appareil, mais il s’agit surtout d’un catalogue de films pour les écrans individuels dont disposent les passagers. Si on veut accéder à du contenu sur son propre appareil, il faudra voler sur le B777 ou certains A330.

Dans tous les cas, l’expérience digitale à bord est surtout une opportunité d’élargir les services proposés et de permettre aux compagnies aériennes de se différencier en apportant une plus-value supplémentaire pour le passager.

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY