Le couvre-feu, Bruce Springsteen et les graines du Mexique

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Bienvenue dans la société de la distance. En effet, quand l’État se met en tête de compter les plats à table chez vous, ce n’est jamais bon pour les libertés.

Nos amis Français découvrent depuis mercredi soir qu’ils n’auront plus le droit d’être plus de 6 chez eux pour un dîner ou une réunion de famille, et comme l’écrivait joliment l’excellent Marc Fiorentino, « on attend de savoir si on peut toujours dormir à deux dans le même lit ».Bon, allez j’arrête là car cette chronique est tout sauf café du commerce.

Et donc, en attendant de savoir comment nous allons être re-confinés ou assignés à résidence passé une certaine heure, je voudrais rappeler aux distraits que nous vivons dans un monde bizarre.

Avant, souvenez-vous le FMI, le prêteur international ne prêtait de l’argent aux pays en difficulté qu’à la condition qu’ils réduisent leurs dépenses publiques, qu’ils réduisent leurs dettes et qu’ils pratiquent l’austérité. Bref, l’argent venait uniquement si le pays en question se serrait la ceinture.

Avec le covid, c’est exactement l’inverse

Le même FMI demande aux pays d’adopter de nouveaux plans de relance et de lâcher la bride sur les dépenses sociales. Même chose avec les banques centrales. Avant – j’ai envie de dire il y a des siècles – elles n’acceptaient de diminuer les taux d’intérêt que si les pays diminuaient drastiquement leurs dépenses.

Aujourd’hui, l’argent est gratuit, car les taux d’intérêt ont été abaissé à quasi 0%, notamment à cause du covid-19. Marc Fiorentino, un excellent commentateur de l’actualité financière a « même l’impression d’être à une soirée où tout le monde est bourré et a abusé de substances hallucinogènes, sauf lui ». Et il a raison.

Question : quel est le seul pays qui a une chance de terminer l’année 2020 avec une croissance économique positive ?

Je vous le donne en mille : la Chine. Le pays du pangolin, le pays à l’origine de notre pandémie, le pays qui a pratiqué le mensonge d’État, le pays qui nous a caché la gravité de la situation s’en sort avant nous et beaucoup mieux que nous. Et donc, oui, ce monde est sens dessus dessous. Les dogmes d’hier n’ont plus cours.

Heureusement qu’il y a Bruce Springsteen pour nous remonter le moral. Selon lui, Donald Trump va perdre et notre long cauchemar va enfin prendre fin. Reste à voir si le Boss ne se trompe pas et que ce n’est pas de l’auto hypnose.

Je terminerai par un joli proverbe mexicain tout à fait de circonstance : « ils ont essayé de nous enterrer, mais ils ne savaient pas que nous étions des graines ».

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