Le Carnaval d’Alost suscite toujours l’indignation…

Pour les francophones qui ne connaîtraient pas encore ce carnaval, il se situe dans la ville d’Alost, au Nord de la Belgique. Comme l’année passée, il est à nouveau la cible d’un incident diplomatique.

Un carnaval d’au moins 600 ans

Le carnaval d’Alost est un rituel festif vieux de 600 ans1 qui se déroule chaque année à Alost en Flandre-Orientale, au Nord de la Belgique. Il dure trois jours à compter du dimanche qui précède le carême chrétien.

Depuis 2010, l’événement du carnaval d’Alost était inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Mais en décembre 2019, l’organisation internationale lui avait retiré cet honneur. Un fait assez rare. L’édition 2020, qui a commencé ce Dimanche va sûrement faire hurler.

Le bourgmestre nationaliste flamand (N-VA), ne voit rien de méchant

Ce représentant de la chambre des représentants et natif d’Alost, Christoph D’Haese, avait défendu un char du cortège qui avait créé la polémique lors de la dernière édition. Ce char représentait des Juifs orthodoxes au nez crochu, entourés de rats et juchés sur des sacs d’argent.

Nous vivons une période particulière

En France, on met au pilon un écrivain comme Gabriel Matzneff, qui ne cachait pas son attirance sexuelle pour les adolescents. Il avait été invité dans les années 70 par Bernard Pivot, qui a indiqué, il y a quelques jours : « la littérature passait avant la morale; aujourd’hui, la morale passe avant la littérature ». Un autre exemple, c’est celui de Roman Polanski qui avait dû fuir les Etats-Unis après de supposés viols.

Après avoir révélé la liste complète des nominations pour la cérémonie des Césars 2020, la polémique s’enflamme autour de la nomination à 12 reprises de son dernier film « J’accuse ».

Ce film raconte l’affaire Dreyfus, où il est clair que le capitaine fût condamné injustement car il était juif. Le dernier cas plus léger fut la démission du candidat à la mairie de Paris suite à la diffusion d’une vidéo osée. Dans la période actuelle, tout est sujet à polémiques et surtout scandales.

Comment ne pas être choqué par la tuerie raciste de Hanau en Allemagne

La chancelière allemande Angela Merkel avait auparavant dénoncé « le poison » du racisme, faisant le lien avec d’autres attentats d’extrême droite depuis 20 ans dans le pays, après ces attaques menées par un Allemand aux « motivations xénophobes ». L’assassin, un néo-nazi, aura fait onze morts dont cinq turcs, un bosnien, un bulgare.

Des caricatures antisémites inacceptables

La ville d’Alost est à 51 km de la « Kazerne Dossin » à Malines, le camp de transit d’où plus de 25 000 Juifs et Tziganes ont été déportés par les nazis entre 1942 à 1944 par 28 convois vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

Seuls 1.219 Juifs ont survécu. Le musée de l’Holocauste et des Droits de l’homme à Malines raconte ces événements tragiques. Comme l’indique Yossi Lempkowicz, rédacteur en chef de la « European Jewish Press » : le gouvernement belge n’a jamais officiellement réagi au tollé, Bart De Wever, président de la N-VA, a rejeté les arguments du bourgmestre, qui est pourtant du même parti, soulignant sa compréhension des sensibilités de la communauté juive.

De Wever, qui est également bourgmestre d’Anvers, une ville qui compte une importante communauté juive, a déclaré le mois dernier que les caricatures juives exposées lors du carnaval de l’année dernière étaient « irrespectueuses ».

Que ce carnaval ait lieu … mais on ne peut rire de tout

On peut être critique vis-à-vis d’un homme ou d’une femme politique, on peut rire sur les caricatures des présidents Trump ou de Boris Johnson ou de dictateurs comme Kim Jong Un. On ne manque pas d’idées dans la réalisation d’un carnaval.

Cependant, l’éducation contre les stéréotypes est cruciale pour lutter contre l’antisémitisme et les racismes en général. Quel exemple ce carnaval d’Alost donne-t-il aux jeunes qui viennent par centaines à de tels événements ?



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