Le Brexit est reporté à Halloween

Le Brexit peut s'apparenter à un passage de Macbeth : une histoire, racontée par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et surtout qui ne signifie rien. © GettyImage

Dans ce feuilleton insipide qu’est devenu le Brexit, les Britanniques ont reçu une prolongation qui se terminera le 31 octobre prochain, soit le jour d’Halloween. Sommes-nous dans un drame shakespearien ?

Nos amis Britanniques restent des êtres à part. Et quoi de plus normal, des personnes qui ont décidé de rouler à gauche, alors que le reste de la planète roule à droite, ne peuvent pas être tout à fait comme nous.

La preuve, avec ce mauvais feuilleton du Brexit. Ils confirment la thèse du suicide de l’écrivain Barbara Tuchman. Dans son livre « March of Folly », cette Américaine dit qu’il arrive que les nations se suicident. Et des intellectuels comme Jacques Attali pensent que le Royaume-Uni est en train de se suicider

Pourquoi en reparler ? Mais parce que le délai, octroyé par l’Union européenne, n’est pas un cadeau mais une nécessité. L’Europe n’a pas intérêt à ce que la deuxième puissance européenne s’effondre devant nos yeux. Les chiffres sont têtus : sur le plan économique, la Grande-Bretagne pèse autant que 19 pays de l’Union européenne. Ainsi lorsque le Royaume-Uni nous quittera, nous ne serons pas à 27 mais bien à 9 pays sur le plan économique !

Bien entendu, pour des raisons de négociation, les 27 ont tenu des propos durs, ils ont adopté une posture intransigeante à l’égard de la Grande-Bretagne, mais au final, ils ont quand même accordé plusieurs mois de répit à Theresa May pour qu’elle puisse convaincre son Parlement de trouver une sortie à l’amiable. Les Britanniques ont désormais jusqu’au 31 octobre pour trouver une solution. Or, le 31 octobre, c’est aussi la fête d’Halloween. Espérons que ce n’est pas un présage maléfique…

Mais d’ores et déjà, il est possible de tirer des leçons de ce triste feuilleton. D’abord, la (seule) bonne nouvelle, c’est que les partis populistes ne parlent plus de quitter l’Union, ils ont compris que même la Grande-Bretagne n’y arrive pas facilement.

Deuxième leçon : celui qui veut partir sait désormais qu’il n’a presque rien à dire, ce sont les 27 et les traités qui organisent les conditions de la sortie.

Troisième leçon : la sortie n’est pas gratuite car le pays sortant doit respecter ses engagements. Le prix à payer est de 50 Mds € que le gouvernement de Theresa May devra payer au cours des prochaines années. Et puis, la quatrième leçon, rappelée par Jean-Pisani-Ferry, économiste français, c’est que le Brexit peut s’apparenter à un passage de Macbeth : une histoire, racontée par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et surtout qui ne signifie rien. Et l’idiot aujourd’hui, c’est la démocratie britannique…

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