L’avenir de la croisière aussi
s’écrit en chinois

Le groupe italien Fincantieri et le conglomérat China State Shipbuilding Corporation ont signé un accord portant sur la création d’une société commune qui devra concevoir et vendre des paquebots destinés au marché chinois et plus largement asiatique. Ces navires seront réalisés par les chantiers chinois sur la base de plateformes développées par Fincantieri et réalisées sous licence par les Chinois.

Les chantiers Fincantieri ont construit la plupart des navires pour le compte de Costa Croisières, filiale italienne du groupe américain Carnival, qui fut pionnier sur le marché chinois dès 2006, et l’armateur entend bien entendu conserver sa place sur un marché où les perspectives de croissance sont impressionnantes.

16 millions de passagers chinois d’ici dix ans

Un million de Chinois ont en effet déjà opté en 2015 pour des vacances en mer, mais ils devraient être 4.5 millions d’ici 2020 et entre 8 et 10 millions à l’horizon 2030. L’ambition de la Chine est même de devenir à terme le premier pays émetteur au monde, les deux marchés leaders étant aujourd’hui les Etats-Unis (13 millions de passagers, 16 attendus en 2026) et l’Europe (6.5 millions, 11 prévus en 2026).

Une premier navire « chinois » bientôt

Un accord avait déjà été entériné fin 2015 entre le groupe américain, CSSC et le fonds souverain China Investment Corporation (CIC) en vue de développer une grande compagnie de croisière chinoise. Les partenaires doivent constituer une flotte avec, dans un premier temps, des navires de « seconde main » avant de passer le plus rapidement possible à des constructions neuves. En avril dernier, Carnival et CSSC ont ainsi indiqué qu’ils envisageaient de passer une première commande en 2017 en vue de voir la livraison d’un premier paquebot chinois à l’horizon 2020. Le marché visé est celui de navires d’une capacité allant de 4000 à 6000 passagers.

Une arme à double tranchant…

La naissance d’une industrie chinoise de la croisière est diversement appréciée. Certes, on observe avec intérêt le développement d’un marché évidemment considérable. Mais participer simultanément à la création d’un secteur de la construction navale en Chine, n’est-ce pas aussi lui apporter une aide déterminante et donc donner un coup d’accélérateur considérable à une concurrence future et potentiellement mortelle ?

D’ici cinq ans, une capacité mondiale augmentée d’un tiers

A ce jour, pas moins de 59 paquebots (représentant un investissement de 44 milliards de dollars) sont à livrer d’ici 2024, dont 56 avant la fin 2021. Cela représente pour le moment plus de 180.000 lits, soit environ un tiers de la capacité de la flotte actuellement en service dans le monde.

[Source : Mer & Marine]

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