L’Arabie Saoudite sera-t-elle la grande destination touristique de demain ?

Inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, la cité de Madain Saleh, trésor de la civilisation nabatéenne, est infiniment moins connue que celle de Pétra, en Jordanie, qui fut la capitale du Royaume. Longtemps négligé, cet héritage préislamique pourrait être remis en valeur, grâce à la France.

Les détails devaient en être discutés lors de la visite à Paris, hier et aujourd’hui, du prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, dit « MBS », qui s’était rendu célèbre il y a peu en privant de liberté une dizaine de ses ministres.

La France est en effet depuis longtemps présente sur ce vaste chantier de revalorisation, qui manque cependant cruellement de moyens. Le prince héritier devrait y aller de sa poche, au moins en partie, pour financer le projet dont le budget se compte en milliards d’euros.

Celui-ci s’inscrit dans le cadre du plan « Vision 2030 », qui ambitionne de promouvoir le tourisme au royaume sunnite, trop dépendant du pétrole dont on sait que les réserves, si importantes fussent-elles, ne sont pas inépuisables. Ses voisins Emirati et Omanais l’ont déjà bien compris.

Dans ce cadre également, le « Red Sea Project » prévoit de transformer un chapelet d’îlots en stations balnéaires de luxe. Mais aussi de construire une ligne TGV de Médine à La Mecque, où l’on creusera un nouveau métro. Et simultanément, ls pays développe aussi ses capacités hôtelières, afin d’accueillir plus encore de pèlerins.

Besoin de beaucoup de temps…

Après avoir autorisé les femmes à conduire une voiture, l’Arabie Saoudite va ouvrir un premier cinéma. Sont-ce là les premiers signes d’une « libéralisation » du régime qui, par ailleurs, continue à couper des têtes en public ? Rien n’est moins sûr.

Et selon le cabinet d’analyse BMI Research, le développement d’un tourisme international non religieux prendra cependant du temps. D’abord parce que l’Arabie saoudite devra tout de même affronter la concurrence d’autres pays du Golfe plus avancés sur ce créneau, comme le sultanat d’Oman ou les Emirats arabes unis, mais aussi compte tenu « de normes culturelles et sociales marquées par le conservatisme ».

Il faudra sans doute aussi développer, à l’instar des complexes résidentiels hébergeant les expatriés, à Riyad, des « enclaves » où les touristes occidentaux pourront, par exemple, consommer de l’alcool.

(Source : Le Monde)

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