Ce mercredi 31 janvier, l’Année Européenne du Patrimoine Culturel a été lancée dans la très belle salle gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Sous la houlette du maître de cérémonie Sam van de Kerckhof, soulignons –une fois n’est pas coutume- que la cérémonie prévue à 18h a commencé à la seconde près ! Cela mérite d’être souligné tant c’est rare.

Passons sur l’œuvre de Debussy jouée en duo par deux jeunes pianistes, – un peu long peut-être- mais illustrant le titre officiel de la soirée : « Notre Patrimoine : Quand le passé rencontre l’avenir ».

Ce qui importait surtout, c’était d’écouter les intervenants. Nous ne ferons pas ici le résumé complet de ce qui s’est dit, nous retiendrons seulement quelques phrases importantes qui donnent le ton de cette soirée.

C’est Paolo Fontani, Directeur de l’UNESCO à Bruxelles, qui ouvre le débat ; il est suivi par Michel Magnier, Directeur à la Commission Européenne ; ensuite par Sneska Mihailovic, secrétaire générale d’Europa Nostra, qui surprend ceux qui ne la connaissait pas en parlant dans un français et un néerlandais impeccables.

Enfin deux « acteurs de terrain » si l’on peut dire : Jean-Louis Delaet, directeur du site du Bois du Cazier, et Guy Tilkin, directeur du site d’Alden Biesen.

Voici les quelques phrases promises, que nous soumettons à votre réflexion :

  • La culture, c’est aussi ce qu’on va devenir.
  • Est-ce que les jeunes comprennent la nécessité de protéger le patrimoine ?
  • Tout le monde a une vision positive de la culture.
  • Élargir la notion de patrimoine, au risque que tout devienne patrimoine.
  • Même le numérique est un patrimoine ! Et que dire alors des Beatles…
  • La labellisation du patrimoine doit venir des citoyens, qui doivent être porteurs d’un maximum de projets.

Voilà de quoi susciter la réflexion. Le risque est effectivement de considérer que tout et n’importe quoi devienne patrimoine, avec la conséquence politique qui en découle : le droit, et puis l’exigence de subventions de tous ordres. Et comme le gâteau n’est pas extensible, ce pourrait être au détriment de ce qu’il faut absolument protéger.

Autre réflexion, qui touche à l’éducation. Si beaucoup de jeunes sont sensibles à notre richesse patrimoniale, d’autres en revanche y sont totalement fermés.

Lors de mon trajet de retour en train, je voyais par exemple ces tags désolants sur de beaux bâtiments publics, expression d’un ego qui ne peut trouver que là son moyen d’expression. Et en même temps, je me disais que le « street art » faisait aussi partie de notre patrimoine.

Le mérite d’un tel débat, c’est qu’on parle de la culture et du patrimoine, aussi peu que ce soit, mais c’est indispensable. Cela concerne nos professions au premier chef : le tourisme est en effet à la fois producteur et consommateur de culture. Enfin… il devrait l’être, ce que démentent hélas certains sites dédiés au tourisme de masse ou de beuverie. Mais si ce n’est qu’un début, continuons le combat, comme on disait en Mai ’68 !

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