L’absence des femmes dans les filières scientifiques est un danger pour l’avenir!

L’absence des femmes dans les filières scientifiques est un danger pour l’avenir!

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Si les jeunes femmes ne s’intéressent pas plus aux matières scientifiques qu’elles ne le font aujourd’hui, elles vont aller droit dans le mur car l’écart des salaires hommes-femmes va devenir un gouffre…

La chronique d’aujourd’hui n’est pas un coup de gueule mais une alerte ! Une alerte destinée aux parents de jeunes filles et à ces jeunes filles elles-mêmes : si les femmes ne s’intéressent pas plus aux matières scientifiques qu’elles ne le font aujourd’hui, elles vont aller droit dans le mur. Et ce pour la simple raison que la technologie va bouleverser 80% des emplois de demain et les femmes n’y sont, hélas, pas associées…

En Belgique, Digital Wallonia avait déjà alerté, il y a un an de cela, les femmes sur le sujet. Aujourd’hui, il y a le Women’s Forum qui a démarré ses travaux ce 20 novembre à Paris, et le cri d’alerte reste le même. D’ailleurs Chiara Corazza, la directrice générale de ce Women’s Forum, le dit clairement à mes confrères des Echos: les femmes doivent s’intéresser aux filières scientifiques dans le cadre de leur éducation car l’avenir appartiendra à ce que les spécialistes appellent les métiers STEM (le sigle qui désigne les matières scientifiques, technologiques et mathématiques).

Or, le problème, c’est que les femmes, au niveau mondial, sont moins de 28% à être actives dans les STEM… C’est en soi un scandale car cela signifie que les femmes, si rien ne bouge, vont être exclues des métiers du futur ! Une bêtise monumentale non seulement sur le plan éthique mais aussi sur le plan bêtement économique. En effet, si on réduisait l’écart entre hommes et femmes dans les filières scientifiques, le PIB augmenterait de 610 à 820 milliards d’ici à 2050.

Chiara Corazza rappelle aussi que les algorithmes de l’intelligence artificielle sont aujourd’hui conçus à 82% par des hommes. Et ce qui est fou, c’est que des pays comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite, pays dans lesquels les femmes ont moins de droits que les hommes, sont des pays où 60% des ingénieurs diplômés sont des… femmes ! Simplement parce que ces femmes savent que ces compétences font cruellement défaut à leurs pays, et donc, pour elles, ce diplôme scientifique est une voie vers l’émancipation, c’est aussi une manière d’éviter les mariages forcés.

Ce qui voudrait dire que dans des pays comme les nôtres, des pays avec des disparités moins fortes, les femmes ressentent moins la nécessité de choisir des carrières scientifiques. C’est une erreur contre laquelle il faudra lutter ! En France, Chiara Corazza va d’ailleurs mener une mission gouvernementale pour renforcer la place des femmes dans les métiers d’avenir.

Les sondages montrent qu’il faut attaquer ce problème dès la maternelle car si l’intérêt pour les matières scientifiques est de 72% à l’âge de 11 ans, cet intérêt chute à 19% à l’âge de 18 ans. Sans doute en raison de certains préjugés ou stéréotypes, et c’est un danger, car il y a déjà aujourd’hui un écart de salaire hommes-femme, et cet écart va devenir un gouffre si les femmes ne s’intéressent pas aux filières scientifiques. Il y a donc du pain sur la planche car c’est notre mission à tous : gouvernement, milieux de l’éducation, parents et médias !

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